S A D A O C














sadaoc.se@fasonet.bf
 


 

Volume 6, Numéro 1, Mai 2002 

Hygiène alimentaire et problématique de l'alimentation de rue en Afrique de l'Ouest

Bulletin Semestriel sur les Politiques et Stratégies de Sécurité Alimentaire en Afrique de l'Ouest

 
Dans ce numéro spécial

 

Introduction

Atelier sur le rôle de l'hygiène et la qualité de l'offre urbaine d'aliments de rue, Ouagadougou, 31 octobre 2000

Etat des lieux sur l'hygiène des aliments de rue
Offre et demande des aliments de rue : situation et perspective d'actions
Aliments de rue au burkina faso : inventaire, production, qualité et effet sur la santé des populations
Recommandation

Table ronde sur la problématique de l'alimentation de rue au Togo, Lomé, 26 janvier 2001

Analyse de la salubrité des aliments
Qualité hygiénique des aliments de rue
Alimentation de rue dans les centres urbains au Togo : aspects technologiques et qualité hygiénique
Analyse de la distribution des aliments de rue
Analyse du cadre réglementaire et des dispositions légales existant au Togo
Recommandations

Table Ronde sur l'alimentation de rue au Mali, Bamako, le 27 décembre 2001

Analyses physico-chimique et micro-biologique des aliments de rue
Analyse toxicologique des aliments de rue
Aspects socio-économiques des aliments de rue
Recommandations

Table ronde sur la problématique de l'alimentation de rue et santé publique en Côte d'Ivoire, Abidjan, le 27 septembre 2001

Aspects socio-économiques de l'offre et de la demande des aliments de rue en Côte d'Ivoire
Analyse de la qualité hygiénique des aliments de rue et leurs effets sur la santé
Cadre réglementaire et dispositions légales sur la qualité des aliments en Côte d'Ivoire
Recommandations

Table ronde sur les aliments de rue à Accra 6 septembre 2001

Aliments vendus dans la rue
Situation des aliments vendus dans la rue
Développement en matières des aliments vendus dans la rue
Hygiène et santé
Rôles et réglements
Recommandations


 
 
Introduction

Comme annoncé dans le numéro de juin 2001 de SADAOC-INFO, la Fondation SADAOC a financé cette année 24 nouveaux projets de recherche de court terme dont l'un porte sur le thème "Aliments de rue au Burkina Faso : Production, aspects socio-économiques, qualité et toxi-infections en rapport avec la santé des populations ". Ce projet sera exécuté sous la coordination du Professeur Alfred TRAORE, du Centre de Recherche en Sciences Biologiques, Alimentaires et Nutritionnelles (CRSBAN) et Chancelier de l'Université de Ouagadougou. Aussi, le Comité Consultatif de SADAOC avait-il recommandé que ce thème fasse l'objet d'une étude approfondie dans les 5 pays de SADAOC. En attendant la mise en œuvre d'une telle étude régionale, des activités de dialogue ont été entreprises sur la problématique de l'hygiène des aliments de rue, en tant qu'une dimension importante de la sécurité alimentaire en Afrique de l'Ouest.

Ainsi, le 31 Octobre 2000 à Ouagadougou, le Réseau Burkinabé de la Fondation, en collaboration avec le Secrétariat Exécutif, a organisé une rencontre de dialogue sur "le rôle de l'hygiène et la qualité de l'offre urbaine d'aliments de rue". Près de 80 participants comprenant les représentants des 5 réseaux nationaux, des Pays-Bas et d'autres partenaires concernés (FAO, Universités, Chambres de Commerce, Ministère du Tourisme, Administrations de circonscriptions urbaines, Associations de femmes, Entreprises agroalimentaires et de restauration, etc.) ont échangé sur la question et ont dégagé des actions devant impliquer chercheurs, membres de la société civile et décideurs. Les rôles spécifiques de ces acteurs ont été également explorés.

Après cette rencontre, le Réseau Togolais a organisé le 26 Janvier 2001 à Lomé

une table ronde sur "la problématique de l'alimentation de rue au Togo ", avec la participation de près d'une centaine de responsables. Parmi ceux-ci, la présence des représentants de la FAO, du PNUD, de l'OMS et des radios d'Etat et privés était distinguée. L'intérêt suscité par cette rencontre était tel que ledit réseau a entrepris de mettre en œuvre un projet de sensibilisation dénommé : " Promotion de comportement favorable à l'hygiène alimentaire au sein de la population : sensibilisation de masse ". La représentation de la Banque Mondiale au Togo a accepté de soutenir ce projet en accordant une subvention pour sa réalisation.

Avant la fin de l'an 2001, les autres réseaux nationaux ont eux aussi organisé leurs ateliers sur cet important thème de la problématique de l'alimentation de rue. 

Nous présentons ci-après, les résumés des discussions et les recommandations des deux premières rencontres de dialogue. L'ensemble des activités de dialogue que les réseaux nationaux de SADAOC auront organisé sur ce thème, et les résultats du projet de recherche présenté plus haut, constitueront la toile de fond d'une "Initiative Régionale sur l'Hygiène Alimentaire et l'Alimentation de Rue" que la Fondation SADAOC voudrait lancer à l'avenir dans la sous-région.

Atelier sur le rôle de l'hygiène et la qualité de l'offre urbaine d'aliments de rue, Ouagadougou, 31 octobre 2000

La question de sécurité alimentaire se pose non seulement en terme d'accès à la nourriture en quantité suffisante, mais aussi et surtout en terme de qualité et de nutrition équilibrée. Assurer la sécurité

alimentaire suppose que les populations ont accès à une alimentation saine et suffisante.
 

Or face à l’urbanisation accélérée des villes africaines, comme celles du Burkina Faso, cette condition constitue un défi majeur pour les acteurs de la sécurité alimentaire. En effet, pour répondre à l’accroissement de la demande qui découle de l’explosion démographique et de l’urbanisation, l’offre d’aliments ne répond souvent pas aux critères de qualité. Les restaurants de rue sont mis en place surtout pour satisfaire la demande de populations pauvres dont le nombre s’accroît sans cesse du fait de l’exode rural et de la dégradation de la situation de l’emploi dans les villes. Les conditions de vente d’aliments cuits favorisent la prolifération des maladies liées à l’intoxication alimentaire. Ainsi, la recrudescence des restaurants de rue peut devenir une véritable menace pour la santé publique, si des mesures ne sont pas prises pour assurer que leur installation répond à un certain nombre d’exigences de l’hygiène alimentaire.

Il faut donc analyser le phénomène de l’alimentation de rue dans le cadre global de l’hygiène alimentaire afin de suggérer des mesures d’ensemble visant à normaliser le secteur et garantir, que l’alimentation pour tous soit effectivement un moyen d’assurer une meilleure santé aux populations du Burkina Faso.
C’est à cette analyse que se sont attelés les participants composés de décideurs, chercheurs et représentants de la société civile à l’atelier sur «le rôle de l’hygiène et la qualité de l’offre urbaine d’aliments de rue », le 31 octobre 2000 à l’hôtel Relax de Ouagadougou.

Les points suivants, introduits auparavant par des communications, ont fait l’objet des discussions :
 

Etat des lieux sur l’hygiène des aliments
de rue

L’aliment de rue est défini comme toute denrée appartenant au groupe «des aliments et des boissons prêts à être consommés, préparés ou vendus par des vendeurs et des marchands installés souvent dans les rues et autres lieux publics». L’état des lieux dresse un tableau sombre de la situation de l’hygiène et de la qualité des aliments de rue au Burkina Faso. Son examen a permis aux participants de connaître et de discuter les causes des contaminations des aliments de rue et les réglementations sanitaires en la matière. Ils ont discuté sur : les règles d’hygiène alimentaire, le constat de la situation sur le terrain, le contrôle de l’hygiène, l’analyse des risques et le code d’hygiène alimentaire. Ces discussions ont permis d’envisager les pistes d’actions suivantes :

- Former et recycler les vendeurs pour améliorer leurs pratiques et attitudes en matière d’hygiène alimentaire
- Renforcer le contrôle de la salubrité et de la qualité des aliments
- Renforcer la capacité du service d’hygiène alimentaire pour de meilleures investigations sur le terrain
- Doter le pays d’un code d’hygiène alimentaire pour mieux orienter les actions des intervenants.

La mise en œuvre des pistes d’actions proposées requiert davantage d’informations sur les aliments vendus et les différentes catégories de demandeurs de ces aliments.

Offre et demande des aliments de rue : situation et perspective d’actions

Au cours des discussions sur l’offre et la demande de ces aliments,  les participants ont échangé sur les conditions d’émergence de l’alimentation de rue, l’adaptation à la demande et les points de rupture entre sécurité alimentaire et

pratiques alimentaires. Ils ont examiné les approches de solutions aux problèmes identifiés et ont proposé une stratégie d’action pour pallier les insuffisances constatées dans le système d’offre.

Aliments de rue au Burkina Faso : inventaire, production, qualité et effet sur la santé des populations

Le répertoire des principaux aliments de rue à Ouagadougou, la technologie de production des aliments, la qualité des produits alimentaires de rue, les effets sur la santé des consommateurs ont constitué les points d’analyse de ce sous-thème. 
Au terme des exposés, la synthèse des questions débattues se présente de la façon suivante :
a) Quelle(s) réponse(s) apporter au problème d’hygiène et de qualité des aliments ?
b) Quel type de contrôle peut être mis en œuvre sans dommage pour l’activité de vente des aliments de rue ?
c) Où et quand faut-il garantir l’hygiène et la qualité dans la chaîne de préparation des aliments ?
d) Comment offrir des aliments sains et de qualité à moindre coût ?

Ainsi, pour le problème de qualité et d’hygiène, les participants ont estimé que la solution réside dans la sensibilisation sur une longue période. Concernant le contrôle d’hygiène et de qualité, seules des mesures souples permettront aux restaurants d’améliorer leur prestation. En effet, un produit alimentaire qui garantit l’hygiène et la qualité peut être distribué à moindre coût si la réglementation est souple, si le secteur des produits alimentaires de rue est structuré et si ce secteur bénéficie d’appui financier et technique approprié. Enfin, l’hygiène et la qualité d’un produit doivent être garanties dans toute la chaîne de production. Pour maîtriser les coûts de production et rendre des aliments sains accessibles à tous, la technologie doit être adaptée et efficace, et les matières 

premières doivent répondre à des normes précises de qualité.

Recommandations

A la lumière des réponses proposées au terme de ces débats, des recommandations ont été faites par les participants suivant quelques principaux axes stratégiques :

1. Le cadre institutionnel de régulation de l’hygiène et de la qualité des aliments de rue
- mettre en place un pool de contrôle composé de partenaires techniques (Université, services techniques/ organisations non gouvernementales) 
- coordonner le pool de partenaires
- mettre en place un système de concertation régulière entre partenaires 
- élaborer un plan d’action national concernant l’hygiène des aliments de rue
- promouvoir une normalisation souple, qui puisse permettre à tous les acteurs de travailler.
- promouvoir l’ancrage institutionnel sous la coordination du ministère de la santé
- adopter et vulgariser le projet de code d’hygiène
- promouvoir une normalisation par produit 
- mettre en place un système de contrôle technique et scientifique.

2. La problématique des aliments de rue : des défis d’information, de sensibilisation et de formation à relever
- renforcer le rôle de la ligue des consommateurs 
- mener une campagne de sensibilisation de longue durée sur les notions d’hygiène à l’endroit des vendeurs et consommateurs à travers des émissions régulières et des spots publicitaires 
- confectionner ou réaménager les latrines publiques et améliorer leur gestion
- effectuer des contrôles inopinés (répressions proportionnelles)
 

- promouvoir l’éducation d’hygiène dans le système scolaire, grâce, entre autres à la sensibilisation des directeurs d’écoles sur la question
- définir les cahiers de charges pour les restaurants de rue
- vulgariser le projet de code d’hygiène alimentaire

3. La promotion du secteur des aliments de rue
- organiser les acteurs de la chaîne de production, de distribution et de  consommation des aliments de rue
- mettre en place un système ou une politique de crédit pour le secteur des aliments de rue 
- appuyer financièrement les actions de la sensibilisation en faveur des vendeurs/ consommateurs
- inscrire dans l’initiative 2020  une ligne budgétaire pour la qualité et l’hygiène des aliments de rue
- améliorer et organiser les sites de vente des aliments de rue 
- mettre en place un cadre de sensibilisation et de formation
- inciter à la formation d’associations des producteurs / vendeurs (encourager  celles qui sont de type coopératif)
- mettre en place un cadre de concertation et d’échange sur les aliments de rue
- améliorer la gestion du territoire municipal par un aménagement adéquat
- élaborer un plan national de promotion de l’hygiène alimentaire.

Pour la mise en œuvre de ces recommandations, un plan stratégique opérationnel a été élaboré par les

_______________________

L’Initiative Vision 2020 pour l’alimentation, l’agriculture et l’environnement a été lancée en 1993 par l’Institut International de Recherche sur les Politiques Alimentaires (IFPRI).  Elle vise à développer et à promouvoir le consensus sur les politiques alimentaires, la réduction de la pauvreté et la protection de l’environnement. La Vision 2020 est celle d'un monde où chaque individu a accès aux aliments nécessaires à une vie saine et productive, où la malnutrition n'a pas sa place et où les aliments proviennent de systèmes alimentaires utiles, rentables et économiques, compatibles avec l'utilisation durable des ressources naturelles.

participants. Dans ce plan, les intervenants ou responsables des différentes actions envisagées ont été identifiés. Ils comprennent les mairies, les ministères de la santé et de l’action sociale, les ONG et associations (notamment celles des femmes), la direction de la normalisation, de la promotion et de la qualité, le département de la technologie alimentaire, etc. Les participants ont aussi identifié que la contribution du réseau SADAOC se situerait au niveau de la mise en place du pool de partenaires techniques et de contrôle, et de la coordination de ce pool. Aussi devrait-il jouer un rôle dans le système de concertation régulière et dans l’élaboration d’un plan d’action national.

Table ronde sur la problématique de l’alimentation de rue au Togo,
Lomé, 26 janvier 2001

Avant la présentation des communications qui ont constitué la base des discussions au cours de cette table ronde, des voix bien avisées ont attiré l’attention des participants sur ce qu’il importe de savoir à propos de l’état des concertations au niveau sous-régional et international sur la problématique de l’alimentation de rue.

Le Président du Réseau SADAOC-Togo a insisté sur le rôle socio-économique et le poids culturel de l’alimentation de rue. Il s’agit d’une activité économique à faible niveau d’investissement qui est prépondérante en milieu urbain et absorbe une part importante de la production locale d’aliments. En même temps qu’il demeure une source considérable d’emplois, le secteur de l’alimentation de rue pose cependant d’importants problèmes nutritionnels, sanitaires et environnementaux qui sont de nature à compromettre la sécurité alimentaire si des mesures appropriées ne sont pas prises pour les enrayer.

Selon la Représentante de la FAO au Togo, l’importance du thème de la qualité et de la

salubrité des aliments de rue a déjà été reconnue par l’OMS et la FAO  à travers différentes rencontres internationales (Pérou, 1985 ; Indonésie, 1988 ; Calcutta 1995) . L’alimentation de rue revêt une triple importance (socio-économique, nutritionnelle et culturelle) mais elle pose néanmoins quelques problèmes (entrave à la circulation dans les villes, sources possibles d'intoxications alimentaires, etc.). Les enjeux et défis de l’alimentation de rue tiennent à ses avantages économiques et au rôle prépondérant que jouent les femmes dans ce secteur d’une part, et aux dangers liés au conditionnement et à la distribution de ces aliments d’autre part. C’est pourquoi, à son tour, le représentant de l’OMS a souligné la nécessité des actions de formation, notamment à l’endroit des femmes intervenant dans la distribution des denrées alimentaires dans les écoles.

Cinq communications ont permis de faire davantage la lumière sur la problématique de l’alimentation de rue au Togo. Elles portaient sur les thèmes suivants :

Analyse de la salubrité des aliments

Les maladies d'origine alimentaire constituent un problème courant et croissant de santé publique, que ce soit dans les pays développés ou ceux en développement. Il est difficile d'estimer leur incidence mondiale, mais en 1998, l'eau et les aliments contaminés ont occasionné le décès de 2,2 millions de personnes dont 1,8 millions d'enfants. Aussi bien dans les pays industrialisés que dans les pays en développement, de nombreuses personnes souffrent chaque année de maladies d'origine alimentaire. Au Kenya, tout récemment des dizaines de personnes sont décédées après la consommation d'alcool frelaté au méthanol. Au Togo, la même chose s'est produite tuant six personnes à Ablogamê (Lomé). Dans ce pays, la pollution fécale 

____
    1 Il importe de noter l’existence de manuels édités par la FAO et l'OMS sur le Contrôle de la Qualité dont un Manuel de l'inspecteur des denrées alimentaire (1994).
 

des eaux de puits situés au Sud de la Lagune a été signalée et confirmée par des résultats d'une enquête réalisée en 1988 par l'Université du Bénin (UB) et l'INH. Cette pollution fécale a été aussi décelée sur quelques échantillons d'eaux conditionnées sur les marchés, aux bords des routes ou distribuées sur les lieux des funérailles.

Les principales maladies d'origine alimentaire sont imputables aux micro-organismes, aux  contaminations par les toxines naturelles, par les métaux lourds (plomb, cadmium, mercure…), et par les polluants organiques (dioxine et PCB…).

En plus des problèmes de santé, cette contamination des aliments fait peser une énorme charge sociale et économique sur les communautés et leurs structures sanitaires, sans oublier les nombreux défis apparus avec la mondialisation du commerce, l'urbanisation et les pollutions de l'environnement. Les gouvernements,  la société civile, les collectivités et partenaires en développement se doivent de prendre conscience du danger grandissant et d'unir leurs efforts pour limiter le mal.

Qualité hygiénique des aliments de rue

Des études menées de 1990 à 2000 sur des centaines d’échantillons prélevés sur des plats cuisinés, du jus de fruits, de l’eau minérale (Pure Water) et des eaux naturelles, ont permis d’obtenir les principaux résultats ci-après. Les micro-organismes recherchés étaient : (i) les germes indicateurs de contamination fécale; (ii) les germes pathogènes : staphylocoques et salmonelles ; (iii) les levures  et moisissures.
Les résultats indiquent que :
- sur les plats cuisinés sont notés des  germes indicateurs de contamination fécale ainsi que la présence de Clostridium botulinum et perfringens dans les    "Brochettes" ;
 

- dans les jus de fruits, la présence de  micro-organismes démontrent un manquement aux règles d'hygiène durant les manipulations ;
- dans les eaux conditionnées et  eaux minérales, la présence de germes aérobies mésophiles totaux montre que les produits n'ont pas été bien conservés et stockés dans de bonnes conditions avant la vente au détail.

Le manque d’hygiène affecte la vente de nombreux aliments de rue tels que les poissons, les viandes de boucherie et de volaille, les produits maraîchers, les farines de céréales, les rôtis de porcs, les aliments vendus à côté des latrines publiques mal entretenues et ou dans un environnement insalubre similaire.

Alimentation de rue dans les centres urbains au Togo : aspects technologiques et qualité hygiénique

L'alimentation de rue constitue de nos jours un nouveau mode d'alimentation en pleine expansion dans les centres urbains de nos pays. On estime que près de 10 % de la population urbaine prennent les trois repas quotidiens hors domicile et que cette alimentation devient progressivement celle de rue. Les aspects socio-économiques qui caractérisent l’ampleur du phénomène sont : l’accroissement de la demande par les consommateurs ; la diversification des produits au goût populaire, leur disponibilité et leur faible coût ; l’alimentation classée dans le secteur informel, mais restant une activité féminine menée dans la rue et devenant une source d’encombrement des artères et posant  les problèmes des eaux usées et des ordures ménagères.

Les dangers liés à l'alimentation d’une telle nature sont multiples ; ils sont de types physique, chimique et biologique. Les cas d'intoxications alimentaires sont assez fréquents de nos jours. D’autres investigations sur les aliments vendus sur la voie publique réalisées par la FAO ont

révélé l'utilisation de matières premières et ingrédients de mauvaise qualité microbiologique (eau non potable, vaisselle impropre au contact avec les aliments).

La qualité des aliments est fortement influencée par la technologie de leur préparation et de leur conditionnement. En particulier, les différentes étapes de traitement des aliments depuis la récolte, l'abattage jusqu'à la consommation doivent faire l’objet d’un contrôle d’hygiène très rigoureux afin d’assurer que le produit final est de qualité et exempt de germes de maladies. Une alimentation équilibrée en quantité et en qualité constitue une thérapeutique pour l'organisme humain.

Analyse de la distribution des aliments de rue

Les fondements de l'alimentation de rue sont : l'urbanisation rapide des pays en développement, les multiples contraintes quotidiennes, la création des pôles de développement industriel et la ville qui est obligée de nourrir un grand nombre de travailleurs loin de leur domicile. L’étude de l'offre et de la demande des aliments de rue a permis de les classer en plusieurs catégories. L'offre s'effectue sous abri ou sans abri par des vendeurs sédentaires de produits tels que Fufu, Kom, grillades de viande, et par des vendeurs ambulants de produits tels que haricot, riz, bouillies, brochettes de viande etc.  Quant à la demande, elle émane des ménages à faible revenu, mais la diversité des aliments offerts amène toutes les couches de la société à fréquenter les vendeurs d'aliments sur la voie publique.

Le phénomène se développe parce qu’il joue un rôle socio-économique considérable aussi bien pour les vendeurs que pour les consommateurs : les travailleurs des secteurs formel et informel, étudiants et élèves passent la journée à leurs lieux de travail et ne rentrent à domicile que le soir. Néanmoins, sur le

plan hygiénique, ces "aliments de rue" peu coûteux, très variés et nutritionnellement équilibrés peuvent présenter des risques pour la santé des consommateurs. 

Beaucoup d'études faites à ce jour ont confirmé les risques de contamination microbienne et chimique. Ces cas de contaminations sont imputables aux mauvaises pratiques hygiéniques depuis la préparation jusqu'à la consommation des aliments. D'autres vendeurs substituent des ingrédients de qualité passable ou bon marché à des ingrédients coûteux.  Ils utilisent aussi des additifs alimentaires interdits. L'usage des emballages de fortune (papiers de sacs de ciment, papiers de journaux conservés dans des endroits douteux) est aussi une pratique courante. De même, la qualité hygiénique de l'eau servant aux multiples manipulations des aliments, à la vaisselle et à la boisson n’est pas souvent garantie.

Tout ceci révèle l’ampleur de la lutte qu’il faudra mener pour assurer une qualité hygiénique aux aliments de rue auxquels presque tout le monde a au moins occasionnellement recours.

 Analyse du cadre réglementaire et des dispositions légales existant au Togo

L'Etat ayant un rôle régalien sur l'Inspection et le Contrôle vétérinaire, les Services Vétérinaires d'Etat agissent en interaction permanente avec d'autres compétences sur le terrain. En matière d'inspection vétérinaire, leurs activités concernent la viande et produits dérivés, le lait et produits dérivés, les poissons et produits dérivés, œufs, miel et autres produits d'origine végétale.

Les missions des services vétérinaires sont de deux ordres : missions spécifiques (économiques, sociales et sanitaires) et missions de compétence générale (santé, hygiène alimentaire, laboratoires, enseignement et formation professionnelle 

continue, activités internationales, information et documentation).

Le cadre réglementaire et les dispositions légales reposent sur les textes suivants :
· Arrêté n° 1120 du 31 Décembre 1954
· Arrêté n° 85/PM/MA du 6 Avril 1959
· Arrêté n° 2 du 4 Avril 1960 modifiant l'article 4 de l'Arrêté n° 1120 du 31 Décembre 1954
· Loi n° 98-019 du 23 Décembre 1998 relative à l'exercice de la Profession Vétérinaire
· Loi n° 99-002 du 12 Février 1999 relative à la Police Sanitaire des animaux sur le territoire de la République

Les principaux acteurs concernés par le contrôle vétérinaire, c’est-à-dire l’application de ces lois et arrêtés, sont les inspecteurs-vétérinaires, les contrôleurs, les inspectés (producteurs et vendeurs) et les consommateurs. Les freins et obstacles à ce contrôle sont :
- l’absence de coordination entre les structures étatiques ;
- l’insuffisance dans l'application des textes qui n'ont pas force de Loi (Arrêtés, etc.) ;
- le manque d'information à l'endroit des consommateurs.

La mise en place d’une Autorité Nationale de l'Hygiène Publique pour le pays pourrait permettre de faire prendre conscience à tous les acteurs sur la nécessité de la pratique des règles d'hygiène.
A la suite de ces exposés, les débats ont porté sur les points suivants :
- Contrôle au niveau des vendeurs
- Les lois et les textes réglementaires
- La publication de documents de sensibilisation
- Le rôle des pouvoirs publics
- Le niveau de formation et groupes cibles à former
- Gestion Eau–Environnement–Agriculture–Genre
 

- Organisation et gestion du secteur

Recommandations

A la fin des débats, les participants ont reconnu le rôle de l’alimentation de rue dans le développement et la valorisation des produits locaux et dans la promotion des activités économiques de la femme. Au regard des enjeux et défis que cela constitue, notamment en rapport avec la question de l’hygiène des aliments et celle de la promotion du secteur, la table ronde a recommandé :
- l’élaboration, l’actualisation et l’adaptation des textes réglementaires et lois liés au secteur et même plus largement concernant la qualité des denrées alimentaires.
- le renforcement, la dynamisation et une meilleure coordination des services                   d’inspection et de contrôle impliqués au niveau national et municipal.
- l’organisation des différents acteurs (vendeurs et vendeuses, préparateurs) en                       associations pour constituer un partenariat.
- l’organisation, l’aménagement et l’assainissement des espaces urbains par les pouvoirs publics en liaison avec les partenaires (consommateurs, vendeurs ….)
- l’assistance technique nécessaire à l’exécution des programmes d’information et de formation en matière de transformation et d’hygiène alimentaire.
- l’éducation des consommateurs, notamment les enfants des écoles en tant que groupe vulnérable.
- la sensibilisation de la population en matière d’hygiène alimentaire et de nutrition avec l’appui des médias, par messages radiodiffusés surtout en langues nationales, spots       publicitaires, articles de presse, séances éducatives, causeries, démonstrations, jeux, brochures etc. et avec les antennes des comités de développement des quartiers. 
 

- l’élaboration de codes d’usages sur le secteur de l’alimentation de rue et leur adoption.
- la poursuite et le renforcement de l’échange d’informations et d’expériences entre les différents partenaires pour assurer l’amélioration durable de l’alimentation de rue au Togo.

Afin de faciliter la mise en œuvre de ces recommandations, des éléments pour l’élaboration d’un plan d’action ont été proposés. Ainsi, les domaines prioritaires d’intervention suivants ont été identifiés :
- l’éducation et la sensibilisation des différents acteurs (préparateurs et vendeurs d’aliments) et des consommateurs
- la législation alimentaire
- le développement de l’infrastructure.

Comme signalé au début, la réalisation concrète qui s’en est suivie est la mise en œuvre, avec l’appui de la représentation de la Banque Mondiale, d’un programme de sensibilisation sur la promotion du changement de comportement favorable à l’hygiène des aliments au sein de la population. Ce programme a également reçu l’adhésion des médias, notamment les radios à travers des émissions d’information et causeries radiophoniques sur l’hygiène alimentaire.

Les rapports complets de ces tables rondes, ainsi que le texte intégral des communications, peuvent être obtenus auprès des secrétariats des réseaux SADAOC-Burkina et SADAOC-Togo, ou du Secrétariat Exécutif de la Fondation SADAOC.
 

Table Ronde sur l’alimentation de rue au Mali, Bamako, le 27 décembre 2001.
 

Bien que l’alimentation de rue tienne une place importante du point de vue socio-

économique, alimentaire, et nutritionnel dans les grandes villes africaines, elle pose quand même un réel problème de santé publique dont la gestion s’intègre dans celle de la problématique de la sécurité alimentaire. Cependant, face à l’engouement croissant des populations pour l’alimentation de rue, ce secteur insuffisamment organisé mérite pourtant d’être appuyé par les autorités compétentes tant sur le plan sanitaire que sur le plan économique.

C’est dans ce contexte que le Réseau SADAOC Mali, dans la perspective d’appui au secteur de l’alimentation de rue, a confié à l’Association des Consommateurs du Mali (l’ASCOMA) de mener une étude sur les aspects socio-économiques des qualités sanitaire et hygiénique des aliments de rue dans les régions de Sikasso et Ségou et dans le District de Bamako.
L’intérêt particulier de cette étude dans trois principales villes du Mali se justifie à cause des risques que peut engendrer ce mode d’alimentation en pleine expansion .

Ainsi, dans le cadre de ses activités permanentes de dialogue sur les problèmes de sécurité alimentaire, le Réseau malien a organisé une table ronde de restitution et de discussion des résultats de l’étude ci-dessus mentionnée, le 27 décembre 2001, à Bamako. Cette table ronde a regroupé outre l’exécutant de l’étude (l’ASCOMA), les représentants de la société civile ainsi que les Chercheurs du réseau. A cette occasion, les différentes communications présentées par les Consultants selon leur spécialité ont porté sur :

- la problématique de l’étude, le contexte, les objectifs, la méthodologie, le déroulement des travaux, les aspects socio-économiques des aliments de rue

ont été présentés par M. Abdoulaye Coulibaly (ASCOMA) ; 

- la problématique de la vente des aliments de rue en Afrique et au Mali par Dr. Modibo Diarra, nutritionniste, chercheur au Réseau SADAOC Mali ; 

- les aspects qualitatif, sanitaire et épidémiologique des aliments de rue par Mme Cissé Oumou Traoré, chef du Laboratoire de Technologie Alimentaire du Mali ;

-  l’importance sociale de l’alimentation de rue et les perspectives par Mme Coulibaly Salimata Diarra (présidente de l’ASCOMA).

 Il ressort des ces différentes présentations, les principaux résultats suivants :

Analyses physico-chimique et micro-biologique des aliments de rue

 Les analyses physico-chimiques et micro-biologiques effectués sur certains aliments de rue ont révélé: 
-  que 60% des aliments analysés sont contaminés (foyo, djouka, dégué, jus de dah, de 
        gingembre et de tamarin) ;
-  la présence de levure dans les produits fermentescibles tels que takoula, degué et jus ;
- la bonne qualité micro-biologique des plats cuisinés (riz sauce, voandzou cuit ) ou frits (froufrou) due à l’effet de la température et de la durée de cuisson. 

 Analyse toxicologique des aliments de rue

 Les produits analysés contiennent des résidus de pesticides de types Atrazine et DDT. Le chlorpyri-phos-méthyl, la dièldrine, le fenvalérate, le lindane et le malathion sont également présents, mais en faible quantité. 
 

 Aspects socio-économiques des aliments de rue

 La vente des aliments de rue, tant pour les acteurs-vendeurs et leurs familles que pour les populations, constitue une source non négligeable de revenus. Elle permet  à ceux qui l’exercent non seulement de se prendre en charge, mais aussi d’apporter aide et soutien à leur famille et même d’épargner. En effet, globalement 34% des gains sont utilisés dans les tontines. Elle permet de résorber une bonne partie des sans emplois, d’être à l’abri du besoin et de contribuer à réduire les tensions familiales et sociales. 

 Elle apparaît ainsi comme un véritable moyen de lutte contre la pauvreté et vient conforter les résultats des différentes études précédentes. Pour les consommateurs, elle constitue un moyen de s’adapter aux exigences de la vie moderne en ayant accès à des repas prêts à consommer en fonction de leurs revenus et pouvoir d’achat. Ils économisent ainsi, sur les frais de transport et gagnent du temps et de l’énergie. 

 On note que 28,33 % de ces vendeurs d’aliments de rue sont des chefs de famille. La proportion assez élevée des femmes dans ce secteur estimée à plus de 80 %, traduit la volonté de celles-ci de s’assumer de plus en plus. Elles aident leurs maris dont les parts étaient jusqu’alors déterminantes dans l’entretien familial. Parfois, elles assument entièrement les charges familiales lorsque les maris sont en chômage ou malades.

 Recommandations

 A la lumière des débats entre participants, la table ronde a recommandé :

- la nécessité de mettre en place une réglementation nationale sur la vente des aliments de rue, de façon à contraindre les acteurs à des

normes permettant de protéger les populations et surtout les couches les plus fragiles que constituent les enfants et les jeunes ;

- le développement de l’hygiène corporelle et l’hygiène des lieux de vente ;

- de mener une vaste campagne d’information et de sensibilisation dans toutes les langues nationales sur l’hygiène et la salubrité des aliments à travers les médias ;

- de mettre en œuvre un système de contrôle efficace ;

- d’organiser le secteur par catégorie socioprofessionnelle ;

- d’appuyer le secteur sur les plans technique, matériel et financier ;
- d’assurer la formation continue et le recyclage des vendeurs ;

- d’approcher dans les plus brefs délais les acteurs impliqués dans cette forme d’alimentation afin de les informer des résultats de l’étude tout en les sensibilisant et les formant aux normes hygiénique et de santé élémentaires.

C’est ainsi qu’à la date du 30 décembre 2001, une assistance technique a été apportée par l’ASCOMA en collaboration avec le Laboratoire de Technologie Alimentaire aux groupes de vendeurs, afin de leur donner sur la base de fiches techniques élaborées, des conseils concernant les normes alimentaires en termes de microbiologie, de toxico-alimentaire, et de leur sensibiliser sur les risques alimentaires et le respect des normes prescrites en matière d’alimentation.
 

Table ronde sur la problématique de l’alimentation de rue et santé publique en Côte d’Ivoire, Abidjan, le  27 septembre  2001

En Côte d'Ivoire, l’alimentation de rue a connu une forte expansion ces dernières années suite à la forte urbanisation et à la baisse du pouvoir d'achat qui oblige les individus à revenu faible de se contenter des aliments prêts à être consommés. En effet, l'alimentation de rue, définie par la FAO comme "les aliments et les boissons prêts à être consommés, préparés ou vendus par des vendeurs et des marchands ambulants spécialement dans les rues et dans les lieux publics analogues", permet non seulement aux demandeurs d'accéder à la nourriture à moindre frais, mais aussi elle constitue une source de revenu pour les vendeurs. L'activité dans le secteur de l'alimentation de rue est exercée, en majorité, par des opérateurs peu soucieux ou ignorant les règles élémentaires d'hygiène alimentaire. 
Compte tenu de l’ampleur du phénomène de l’alimentation de rue et les risques liés à ce mode d’alimentation, le Réseau SADAOC Côte d’Ivoire a organisé le 27 septembre 2001, à Abidjan, la table ronde sur la « problématique de l'alimentation de rue et santé publique en Côte d'Ivoire » dont les objectifs consistent à (i) stimuler le dialogue et la concertation entre les chercheurs, les décideurs et les représentants de la société civile sur les politiques et les stratégies de sécurité alimentaire, (ii) faire connaître aux participants les risques sanitaires liés à la consommation des mets proposés aux consommateurs, (iii) échanger sur le phénomène de l’alimentation de rue qui constitue un volet important des stratégies à mettre en œuvre pour atteindre la sécurité alimentaire et enfin (iv) dégager des actions à mettre en œuvre pour le suivi sanitaire et le contrôle de la qualité des aliments.
Cependant, la cérémonie officielle d'ouverture qui a regroupé de nombreux

participants, a été marquée par les deux allocutions suivantes : 
- le mot de bienvenue du président du réseau national, Dr. N'Goran KOUAKOU qui a présenté la Fondation SADAOC et les objectifs de la table ronde ; 
- le discours d'ouverture du représentant du Ministre de la famille, de la femme et de l'enfant de la Côte d'Ivoire.
Après la cérémonie officielle d'ouverture, trois communications portant sur les sous-thèmes ci-dessous mentionnés ont été présentées par des chercheurs : 
          1.  « Aspects socio-économiques de l'offre et de la demande des aliments de rue 
     en Côte d'Ivoire » présenté par monsieur BABO Alfred de l'Université de 
               Bouaké;
2. « Analyse de la qualité hygiénique et nutritionnelle des aliments de rue et leurs effets sur la santé des consommateurs » présenté par L. P. KOUADIO, Professeur d'Hygiène et de Santé Publique de l'UFR des Sciences Pharmaceutiques et Biologiques ;
3. « Cadre réglementaire et dispositions légales sur la qualité des aliments en  Côte d'Ivoire » présenté par monsieur KOUASSI Djeha, chef du                Département Normalisation à CODINORM.

 Aspects socio-économiques de l'offre et de la demande des aliments de rue en Côte d'Ivoire

Bien que plusieurs facteurs dont l'urbanisation croissante et l'expansion démographique soient à l'origine de la naissance de l’alimentation de rue, d’autres facteurs tels que les facteurs d'ordre économique et social ont aussi contribué à son développement.
 

Sur le plan économique, la récession économique de la décennie 1980 ayant engendré la stagnation des salaires et la crise de l'emploi, a contribué au développement de l'informel alimentaire qui est générateur d’emplois et de revenus surtout pour les femmes, dont le niveau de formation ne leur permet pas de s'insérer dans le tissu économique formel. 
Sur le plan social, la faiblesse des réseaux de solidarité en période de crise et le mode de vie urbain ont concouru à l'émergence et au développement du secteur informel alimentaire qui constitue le lieu de convergence de la disponibilité alimentaire, des revenus et des goûts. Ainsi, l’alimentation de rue est devenue une nécessité par sa capacité à répondre à une demande : manger rapidement et à bon marché sans quitter le lieu de travail. 

Analyse de la qualité hygiénique des aliments de rue et leurs effets sur la santé

L'analyse de la qualité hygiénique des aliments n'est pas réduite seulement à des examens micro-biologiques, physico-chimiques, chimiques, ou biologiques. Il en existe d'autres relatifs au processus de préparation et de délivrance des aliments qui sont appréciés par les inspections sanitaires. Malgré ces examens, il peut y avoir des dangers insidieux non détectables par les laboratoires et les inspecteurs sanitaires. Dans ce cas, on a alors recours à la surveillance épidémiologique qui consiste à détecter les aliments dont la consommation a été la source d’une intoxication individuelle ou collective.
Il ressort de l'enquête portant sur l'indice de connaissance en hygiène alimentaire, les pratiques et l'environnement que :
- 41% seulement des vendeuses ont entendu parler d'hygiène alimentaire, 14,8% vendent des restent des plats de la veille et 85% d'entre elles servent les plats à la main ; ces comportements sont quelques uns des comportements à risque que l'on observe souvent

chez les vendeurs d'aliments de rue ;
- 46% des kiosques de vente des mets sont délabrés et 51% de ces kiosques sont installés dans un environnement totalement insalubre. 
En effet, la qualité hygiénique des aliments, l'environnement dans lequel ils sont préparés et vendus, et la méconnaissance des règles élémentaires d'hygiène par les vendeurs constituent des facteurs de risque pour le consommateur. 

 Cadre réglementaire et dispositions légales sur la qualité des aliments en Côte d'Ivoire 

Selon le présentateur, tout produit alimentaire peut constituer un danger pour le consommateur, si la préparation, le conditionnement et la distribution ne respectent pas les normes alimentaires d'hygiène et de santé publique, et surtout s'il n'existe aucune disposition pour vérifier l'application de ces normes.
En Côte d’Ivoire, malgré l'existence des textes réglementaires et normatifs, le dispositif pour appliquer les règlements et normes est inopérant à cause de :
· l'incapacité de l'Administration à contrôler la qualité des produits mis sur le marché et à réprimer les contrevenants ;
· l'absence de concertation des acteurs du dispositif  sur l'application des normes ;
· la méconnaissance du fonctionnement du système d'application des normes ;
· l'absence d'information et de sensibilisation des opérateurs économiques, notamment les PME sur l'intérêt de l'application des normes ;
· la démotivation de certains fabricants à tout effort de recherche de la qualité dans un environnement désorganisé.
 

En général, les producteurs et vendeurs des aliments de rue méconnaissant les règles d'hygiène alimentaire et évoluant dans l'informel et l'anarchie sont incapables de garantir à la population urbaine des aliments sains et de bonne qualité. Cette situation constitue non seulement un danger pour les consommateurs qui s'exposent au risque d’intoxico-infection, mais aussi un manque à gagner pour les unités de production légalement créées et soucieuses de rechercher la qualité pour la sauvegarde de leur image de marque, et pour l'Etat du fait de la fraude fiscale.
Les conséquences de la non application des textes sur la qualité des aliments de rue étant  multiples, la lutte pour la sécurité alimentaire et la salubrité des aliments doivent donc être menées par l'ensemble des acteurs qui sont : les consommateurs, les producteurs, les vendeurs d'aliments, les organismes chargés d'élaborer et d'appliquer la réglementation et l'Etat.

Recommandations

Aux termes des discussions sur la base des communications, la projection de film sur des endroits où s'exercent la vente des aliments de rue, et à la lumière des échanges entre les participants, la table ronde a recommandé :
- compte tenu de l'inefficacité du dispositif mis en place pour appliquer les textes sur les produits alimentaires, la création d’une structure interministérielle chargée de leur application sous la supervision de la direction de la santé communautaire afin d'éviter le problème de diversité des organismes de contrôle;
- la mise en place et l’exécution d’un programme national d'information, de sensibilisation et de formation à l'intention des opérateurs du secteur de l'alimentation informel afin de minimiser les risques;
- l’élaboration des mesures et normes que les services d'hygiène des

mairies se chargeront de faire respecter ;
- l’installation au niveau des mairies des structures chargées d'assurer l'assainissement des lieux de vente des aliments de rue ; 
- la formation des responsables des associations de consommateurs à l'hygiène alimentaire ;
- le renforcement  du contrôle par des visites inopinées sur les marchés et les lieux de vente des aliments ;
- la meilleure organisation du secteur, compte tenu de son importance (source d'emploi et de revenu, gain de temps et alimentation à frais modéré) ;
- des actions de contrôle et de répression contre ceux qui vendraient des aliments impropres à la consommation ;
- la fabrication et la vente des aliments à une autorisation qui ne sera délivrée qu'aux personnes ayant suivi la formation ; 
- la promotion de la qualité des aliments et la mise en place d’un programme commun pour assurer la sécurité alimentaire et la salubrité des aliments .

Table ronde sur les aliments de rue 
à Accra  6 septembre 2001
 

La Fondation SADAOC est un programme sponsorisé par le gouvernement des Pays-Bas basé à Ouagadougou au Burkina Faso avec une partie de son réseau, le Réseau ghanéen basé à l’ISSER, l’Université du Ghana. La Fondation vise à renforcer la sécurité alimentaire dans la sous région de l’Afrique de l’Ouest centrale à travers la recherche, le développement des capacités et à travers le dialogue entre chercheurs,  décideurs politiques et la société civile. Le Réseau ghanéen a jusqu'ici organisé sept ateliers d’échange ayant abouti à l’élaboration et de démarches et

politiques. En septembre 2001, une table ronde a été tenue sur les aliments de rue à Accra. 

Boîte 1 
Sécurité alimentaire et aliments de rue 

L'importance des aliments de rue en matière de sécurité alimentaire repose principalement sur l’apport en repas,  casse-croûte et boissons complets dans la vie de nombre de  gens dans toutes les couches sociales. En outre, les aliments de rue offrent d'emploi et de revenus à beaucoup de gens ; ce qui leur assure les besoins de sécurité alimentaire et un régime équilibré. Le secteur des aliments de rue utilise plus de 60.000 personnes avec un chiffre d'affaires annuel estimé à 100 millions  de dollars US dans la métropole. 

La table ronde  visait à renforcer le développement approprié des aliments de rue  à Accra  et dans le pays en général. La conférence avait pour thème « Les aliments  de rue dans la métropole d’Accra  : Types, lieu, environnement, supervision, lois et règlements ». Cinq exposés introductifs ont été présentés par rapport à ce thème et, ensemble avec les discussions et commentaires des participants, ils ont jeté les bases de ce dossier politique. 

Aliments vendus dans la  rue 

Les aliments vendus dans la rue ou simplement aliments de rue sonT des boissons préparées et/ ou vendues par des fournisseurs dans les rues et d'autres endroits publics pour la consommation immédiate ou postérieure sans davantage de transformation ou de préparation. A Accra, on observe généralement que les aliments de rue sont vendus le long des rues et plusieurs autres places publiques comme par exemple : les gares, devant des

maisons, les locaux scolaires, chantiers de construction,  lieux de travail, ateliers, garages, etc. Les aliments vendus dans les rues contribuent de manière sensible à la sécurité alimentaire et à la nutrition dans la métropole. 

Les articles présentés  à la table ronde ont révélé qu'il y a eu une augmentation des activités des vendeurs d’aliments de rue dans la métropole. 

Situation des aliments  vendus dans la rue 

Dans la métropole, les femmes dominent le secteur de vente d’aliments de rue en qualité d’entrepreneurs ou d’employées. Elles représentent près de 94% des vendeurs. D’autre part, les hommes sont les principaux consommateurs d’aliments de rue, estimés à 65%. Les affaires en matière de vente d’aliments de rue se répartissent comme suit : les  endroits aménagés (49%),  les semi-itinérants (33%) et les vendeurs ambulants (15%). 

Développement en matière d’aliments de rue 

Les aliments vendus dans la rue sont accessibles et commodes à la consommation. En conséquence, les riches et les pauvres l’encouragent. Ce grand patronage des aliments de rue a eu comme conséquence sa prolifération par type de nourriture et nombre de vendeurs. Cette prolifération résulte de plusieurs facteurs, entre autre le faible capital de lancement. Un nouveau phénomène est le développement des marchés de nuit d’aliments de rue, couvrant la demande locale. Dans certains cas, les marchés de nuit attirent des clients des autres parties de la métropole. D'autres développements récents dans le secteur de vente d’aliments de rue sont entre autres, l'apparition des nouveaux produits, de l'emballage, de la livraison et un meilleur cadre d’opérations. 
 

Hygiène et santé 
 

Boîte 2 
Sécurité des consommateurs d’aliments vendus dans la rue 

Les consommateurs des aliments vendus dans la rue sont seulement en sécurité si les facteurs indiquant la qualité et la sécurité sont abordés. Ces facteurs sont des indicateurs d'un environnement sain y compris l'air frais, l'eau potable et la manipulation appropriée de l’aliment. Ces facteurs en combinaison avec  les pratiques saines et sécuritaires en matière de production alimentaire, traitement, emballage et stockage ainsi que l'hygiène personnelle des vendeurs garantiraient la sécurité des consommateurs. 
 

Il y a des problèmes en ce qui concerne l'hygiène et la santé en matière d’aliments vendus dans la rue. Les problèmes sont entre autres, les maladies provoquées par la préparation et le stockage inappropriés des aliments, ainsi que l’utilisation d’eau impropre et des méthodes de manipulation dans la préparation des aliments. Quelques maladies liées aux aliments et à l’eau sont : la diarrhée, le choléra, la fièvre entérique (typhoïde), les maladies de peau, l'intoxication alimentaire et les vers intestinaux. 

Règles et règlements 

 Au regard de la contribution significative des aliments vendus dans la rue aux besoins alimentaires d'une grande partie de la population ; la préparation, l'emballage et la vente des aliments de rue sont régis par des règlements, une autorisation et une inspection régulière. L'application des lois, l’autorisation et l’inspection incombent au service de santé publique d'AMA. Cependant, les  taxes et pénalités en vertu des lois existantes sont trop faibles et donc ne servent pas de  force de dissuasion appropriée pour les vendeurs d’aliments de

rue qui peuvent être tentés de les violer. D'autres  contraintes à l'application efficace des règlements sont entre autres, le manque de coopération  intersectorielle ; l’interférence des politiciens, des autorités et des parents ; du personnel approprié avec la formation et les qualifications requises ; etc. 

Recommandations 

Stratégies pour renforcer la vente des aliments de rue 

Les principales stratégies pour renforcer la vente des aliments de rue sont les suivantes : 

L’assemblée métropolitaine d’Accra (AMA) pour envisager mettre en place des centres d’aliments préparés (des marchés de nuit). Ces centres devraient être proches de l’endroit  où ils peuvent être supervisés. 
La formation et l’éducation des acteurs doivent être renforcées. Celles-ci sont entre autres, les consommateurs, le personnel d'application des règles et règlements, des producteurs de matières premières de matière (par exemple, meuniers) et vendeurs d’aliments de rue. 

Les préoccupations environnementales des matériaux d’emballage des aliments de rue devraient être abordées. Il y a lieu d'utiliser des matériaux biodégradables pour emballer les aliments en lieu et place des sacs de polythène actuellement utilisés. 
L’association de traiteurs traditionnels du Ghana devrait être efficacement employée dans les activités en vue de renforcer la préparation et la vente d’aliments de rue. Des membres de l'association qui sont formés devraient être employés comme formateurs. 
L’utilisation de matériaux de chauffage conservant d'énergie devrait être encouragée par la subvention. 
Le suivi des aliments de rue doit être basé sur l'inspection ainsi que le contrôle produits alimentaires. Un organe de 

régulation devrait être institué pour exécuter cette tâche. 
Un mécanisme de coordination pour les nombreuses agences impliquées dans des questions alimentaires dans le pays devrait être renforcé. L'AMA devrait prendre l'initiative en assurant une coordination efficace. 

Implication politique 

En plus des aspects d'hygiène et de santé des aliments vendus dans la rue, il importe de renforcer le secteur du point de vue développement de l'entreprise, en particulier, en matière d’équipements et de structures. Les vendeurs d’aliments de rue sont des micro entreprises  dominées par les femmes et les jeunes. Il y a un besoin de formation dans tous les aspects de gestion des micro entreprises en vue de permettre au secteur de se développer et de se renforcer de manière durable et efficace. 
 

Administration de la Fondation SADAOC : 

Secretariat Exécutif 
06 B.P. 9256 Ouagadougou 06, 
Burkina Faso
Tel.: (226) 37-40-35/36; (226) 37-40-76
Fax: (226) 37-40-37
E-mail: sadaoc.se@fasonet.bf 
            fsadaoc@cenatrin.bf
Web site: www.sadaoc.bf 
Secretaire Exécutif: Dr. Bernard Kouassi

Organes statutaires de la  Fondation SADAOC · 

Conseil d’Administration· 
Comité Consultatif· 
Secrétariat Exécutif· 
Réseaux Nationaux

Président du Conseil d’Administration:

Prof. K. Asenso-Okyere
P.O Box 74Legon, Accra, Ghana
Tel./Fax: (233) 21-500-937
E-mail: sadaocgh@ghana.com

Pour de plus amples informations sur les objectifs, activités et l’organisation de la Fondation SADAOC, veuillez contacter le Secrétaire Exécutif à l’adresse ci-dessus.

Rédacteur de SADAOC-INFO:
Secrétariat Exécutif
 

BURKINA FASO :

Dr. KABORE T. Hervé
Tel : (226) 33 30 98 / 20 31 98
Fax : (226) 33 30 99
E-mail : sadaoc@cenatrin.bf
09 BP 143 Ouagadougou 09

CÔTE D'IVOIRE :

M. N’GORAN Kouakou
Tel : (225) 22 44 43 63 / 22 48 86 48
Fax : (225) 22 44 08 29 / 22 44 57 99
E-mail : sadaoc.se@fasonet.bf 
S/c CIRES 08 BP 1295 Abidjan 08

GHANA :

Dr.  NYANATENG  K. Victor
Tel : (233) 21 50 09 37
Fax : (233) 21 50 09 37
E-mail : sadaocgh@ghana.com
ISSER, University of Ghana
P.O BOX 74 Legon, Accra

MALI :

M. KOÏTA Abdoulaye
Tel : (223) 21 13 71/21 40 85
Fax : 223) 21 13 71
E-mail : sadaoc.mali@datatech.toolnet.org 
S/c OPAM BP 132 Bamako

TOGO :

M. ASSIONGBON Ekoué
Tel : (228) 222 08 95 / 225 93 62
Fax : (228) 222 08 95
E-mail : sadaoctg@cafe.tg
BP 12105, Lomé

 

HAUT

Liste des numéros