Volume 5, Numéro 2, Décembre 2001
PROJETS DE RECHERCHE DE COURT TERME (2001-2002)
Résumés des propositions sur les aspects en amont et en aval de la production alimentaire, et la réduction de la pauvreté
Bulletin Semestriel sur les Politiques et Stratégies de Sécurité Alimentaire en Afrique de l’Ouest
Introduction
La pression démographique,
l’exode rural et l’augmentation du taux d’urbanisation sont des phénomènes
qui placent les producteurs agricoles dans un véritable dilemme
face à leurs propres besoins et à la demande alimentaire
croissante des ménages urbains. La détérioration de
l’environnement de production caractérisée notamment par
des conditions socio-économiques peu favorables (politiques d’ajustement
structurel, baisse du pouvoir d’achat des ménages, faible adoption
des techniques culturales améliorées, etc.) est la source
de ce dilemme, tandis que les consommateurs urbains deviennent de plus
en plus exigeants en produits alimentaires de qualité. Le comportement
des ménages et des autres acteurs en matière d’adoption des
technologies, ainsi que les systèmes indigènes de connaissances
agricoles témoignent-ils de l’effort nécessaire pour opérer
les changements requis dans la production, la transformation et la commercialisation
des produits alimentaires ? L’objectif est d’améliorer la disponibilité
et l’accessibilité de ces produits d’une part, et d’accroître
la compétitivité des filières dans le contexte actuel
de libéralisation des échanges commerciaux d’autre part.
Face à un tel défi,
il importe en outre de noter que les problèmes de qualité
et d’hygiène compromettent la durabilité du secteur de transformation
artisanal des produits. Le développement et/ou le transfert de technologies
agro-alimentaires afin de transformer les denrées locales en produits
stables et de conservation durable apparaît comme une impérieuse
nécessité. Il faudra satisfaire les besoins d’une population
croissante et sous l’influence d’un processus d’urbanisation rapide. L’accessibilité
des populations à une alimentation de base suffisante et équilibrée
appelle non seulement à l’accroissement de la productivité
et de la production agricoles mais aussi à celui de la performance
de la transformation des produits alimentaires. Quelle approche serait
la plus appropriée pour relever le défi technologique de
la transformation des produits alimentaires ?
Cette approche devrait s’inscrire
dans les stratégies de réduction de la pauvreté en
Afrique de l’Ouest Centrale.
Le précédent numéro
de SADAOC-INFO a été consacré aux propositions
de recherche traitant divers aspects de la production alimentaire et de
la gestion des ressources naturelles.
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Celui-ci
présente les résumés des propositions concernant les
aspects en amont et en aval de la production, et la réduction de
la pauvreté. Il s’agit de : l’adoption des technologies et les systèmes
indigènes de connaissances agricoles ; la transformation et la conservation
des produits alimentaires ; la consommation alimentaire ; le commerce
alimentaire ; la réduction de la pauvreté et les aspects
y relatifs.
Adoption de technologies et systèmes
indigènes de connaissances agricoles
Les déterminants
de l’adoption des intrants chimiques dans la riziculture ivoirienne : le
cas de la région des lacs (Yamoussoukro). Atsé Honoré
P. N’DE & Yapo N’Dia V. BOUAFFON
E-mail
: cires@globeaccess.net
En Côte d’Ivoire, le
riz est une denrée assez particulière. Ce qui justifie la
mise en place de programmes assez ambitieux de valorisation de cette culture.
De nouvelles technologies (semences améliorées, motorisation,
intrants chimiques…) ont été introduites pour une amélioration
des rendements. Après des débuts encourageants, le programme
riz a connu des soubresauts tendant à faire baisser la production
nationale. Plusieurs facteurs pourraient être à la base de
la faiblesse de la production locale de riz. L’étude sur les déterminants
de l’adoption des intrants chimiques dans la riziculture ivoirienne rentre
dans le cadre de la recherche des éléments de solutions aux
problèmes du déséquilibre entre l’offre locale et
la demande. Le modèle TOBIT sera utilisé pour vérifier
les hypothèses de cette étude. La région des Lacs,
nouvelle zone de pénétration de la culture du riz en Côte
d’Ivoire servira de cadre pour atteindre les objectifs de cette étude.
Les résultats de l’étude devraient permettre de cibler les
facteurs essentiels dans l’adoption des intrants chimiques au niveau de
la riziculture ivoirienne.
Facteurs d’acceptabilité
des techniques de conservation des sols dans les systèmes de production
vivrière au sud-est du Togo. AMEGBETO Koffi & Mawussi GBENONCHI
E-mail : sadaoctg@cafe.tg;
mgben@hotmail.com
Le nord-est du Togo est l'un des
secteurs les plus peuplés du pays. La pression foncière est
déjà forte dans cette zone car la densité de population
rurale atteint un niveau explosif de 300 habitants/km2 |
| dans certaines
localités contre 65 à 85 habitants/km2 dans les conditions
du pays. La production vivrière est confrontée à des
problèmes très préoccupants qui sont d’ordre technique,
foncier, économique, climatique, sociologique et institutionnel.
Parmi ces problèmes, on peut citer la dégradation des terres
cultivables et celle de l’environnement. L'agriculture traditionnelle à
faible niveau d'intrants demeure le principal mode d'exploitation des terres.
L'utilisation des engrais, des pesticides et des semences sélectionnées,
est très limitée malgré les actions de vulgarisation
des structures d'encadrement. En 1996, les semences sélectionnées
ont été utilisées sur moins de 1,5 % des superficies
cultivées. Les parcelles engraissées ne dépassent
guère 14 % des superficies cultivées dont 9 % pour l'engrais
chimique et 5 % pour la fumure organique. Les produits phytosanitaires
ne sont appliqués que sur 0,7 % des superficies cultivées
(DSID, 1998). Par conséquent, les terres s'épuisent à
un rythme accéléré et les rendements des cultures
baissent continuellement. Ce qui compromet dangereusement la durabilité
de tout le système de production agricole et constitue une menace
pour la sécurité alimentaire des populations. Selon une étude
de la Banque Mondiale (1996), la pauvreté revêt une forme
extrême dans la région car le revenu par tête est inférieur
aux coûts des besoins calorifiques pour 38,1 % de la population rurale
et près de 57 % sont pauvres avec des revenus inférieurs
au seuil de pauvreté.
Ces résultats sont alarmants.
On ne peut mettre en place des systèmes de production durables que
dans la mesure où on associe l’application de bonnes techniques
de culture avec un système de dispositif de conservation des sols.
Les techniques actuellement disponibles pour préserver le
patrimoine foncier sont souvent présentées aux paysans par
les structures d’encadrement ; mais leur acceptation est partielle et les
facteurs qui expliquent ou contribuent à leur adoption restent
encore mal connus.
Comme hypothèse de travail,
il est présumé dans la littérature qu'il existe des
facteurs propres aux paysans, des facteurs liés à la technique,
des facteurs institutionnels et des facteurs biophysiques qui sont susceptibles
d'influencer, de façon positive ou négative selon le cas,
l'adoption d'une technologie agricole en milieu rural. Le but de ce travail
est de faire la lumière sur les facteurs qui expliquent l'adoption
des techniques de conservation et de restitution de la fertilité
des sols. Afin d’atteindre l'objectif fixé, nous procéderons
à la collecte de données primaires par sondage basée
sur la méthode d’échantillonnage. Des échantillons
de terres seront prélevés et analysés pour l'appréciation
des propriétés physiques et chimiques |
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des sols
en relation avec la dynamique des cultures. Plusieurs méthodologies
ont été utilisées pour l’analyse de la décision
d’adopter les techniques de conservation des sols et des facteurs déterminants.
Elles varient de simples modèles d’évaluation des investissements
de conservation basée sur la méthode des valeurs actuelles
ou des moindres carrés aux méthodes d’analyse de données
qualitatives telles que les modèles Tobit, Logit et Probit.
Dans la présente étude,
la modélisation de la perception des problèmes de dégradation
et des facteurs d’acceptabilité des techniques de conservation des
sols dans la production vivrière s’inspire du modèle Probit
qui sera ainsi utilisé pour l'analyse des données. Les résultats
attendus sont la connaissance des facteurs biophysiques, socio-économiques
et institutionnels qui affectent l’adoption des techniques de conservation
des sols et de restauration de leur fertilité et l'identification
des groupes cibles d’exploitants susceptibles de les adopter facilement.
Déterminants
de l'adoption de la traction animale, des semences améliorées
et des engrais chimiques dans les zones non cotonnières du Burkina
Faso. OUEDRAOGO S. Robert
E-mail : saidourobert@yahoo.fr
Problématique de l'étude
Dans la région agricole du
Centre-Nord, la surexploitation des terres à laquelle s'associe
la disparition progressive de la jachère entraîne la dégradation
et l'appauvrissement des sols. Le coefficient d'intensité culturale
est passé de 39% en 1980 à 57% en 1993. Le recours à
la culture attelée et aux fertilisants chimiques pour restaurer
la fertilité des sols appauvris est à l'ordre du jour. Malgré
l'intervention de nombreuses structures d'appui à l'organisation
et au financement, le niveau d'équipement et d'adoption des intrants
modernes demeure faible dans cette zone non cotonnière. Il y a donc
lieu de rechercher les raisons de cette faiblesse à travers l'accessibilité
des structures d'appui, les caractéristiques des producteurs et
des technologies en question.
Objectifs de l'étude
L'objectif principal de l'étude
est d'identifier les déterminants de l'adoption des technologies
améliorées de production agricole dans la zone non cotonnière
du Burkina Faso. De façon spécifique, il s'agira d'apprécier
l'impact des différents facteurs susceptibles d'influencer l'adoption
et l'intensité d'utilisation des technologies.
Méthodologie de collecte
et d'analyse des données |
| Les données
de l'étude seront des données primaires collectées
auprès des producteurs des 4 provinces du Centre-Nord. Dans chaque
province, l'échantillon comprendra 100 producteurs chefs de ménages
dont 70 dans le village favorisé et 30 dans le village défavorisé.
La collecte des données auprès des producteurs sera effectuée
par 8 enquêteurs (1 par village) sous le contrôle de deux superviseurs
(1 pour 2 provinces). Un assistant de recherche aidera le responsable de
l'étude dans la préparation et l'exécution correcte
des travaux de collecte des données. Elle s'effectuera avant le
début de la campagne agricole. Les informations primaires à
collecter concernent les variables économiques, les caractéristiques
socio-démographiques des producteurs, les caractéristiques
des technologies et le contexte institutionnel. L'étude utilisera
un modèle Tobit.
Résultats attendus et méthodes
de diffusion
Les résultats attendus de
l'étude sont l'identification des déterminants de l'adoption
des technologies étudiées, et la formulation de recommandations
pour l'amélioration de l'accès à ces technologies.
Ils feront l'objet de dissémination au sein du réseau SADAOC,
de restitution auprès des décideurs et de publication dans
une revue scientifique.
Transformation et conservation
des produits alimentaires
Production
de farine stabilisée de banane plantain dans la confection de mets
traditionnels. Souleymane COULIBALY & Kouakou N’GORAN
E-mail : sadaoc-ci@afnet.net
La banane plantain est une des principales
denrées alimentaires de la Côte d’Ivoire. A ce titre,
elle est produite en grande quantité (environ 1 200 000 tonnes chaque
année). Malheureusement, l’on enregistre en période d’abondance
d’importantes pertes post-récolte (jusqu’à 40 %), faute de
moyens de transformation et de conservation.
En période de pénurie,
les prix de la banane plantain sur le marché sont multipliés
par trois. Face à cette situation, les paysannes de certaines régions
transforment la banane plantain en farine. Malheureusement cette farine
a une durée de conservation très courte (quelques jours seulement)
parce qu’elle n’est pas stabilisée.
La présente étude se
propose de contribuer à la réduction des pertes post-récolte
de la banane plantain, par la mise au point d’une farine stabilisée.
Pour cela l’on fera le point des procédés artisanaux de fabrication
de farine de banane plantain, pour en retenir le plus |
|
performant,
que l’on améliorera éventuellement. La méthode améliorée
sera appliquée à différents cultivars de banane plantain
et l’on étudiera la stabilité des farines dans le temps.
Ces travaux aboutiront à la
mise au point d’une méthode améliorée de production
de farine stabilisée de banane plantain adaptée à
chaque cultivateur. Cette méthode qui sera ensuite enseignée
aux paysannes leur permettra de disposer de la farine pour la confection
de leurs mets traditionnels même en période de pénurie.
Elles pourront en outre augmenter leurs revenus par la vente sur le marché
de leur excédent de farine.
Impact du stockage
prolongé du manioc sur la qualité de l'attiéké.
Catherine DJEDJI, Koffi YAO & Kouadio TANO
E-mail : sadaoc-ci@afnet.net
La conservation du manioc à
l’état frais pose d’énormes problèmes limitant ainsi
son utilisation. Une fois récolté et stocké à
l’air libre, le manioc commence à pourrir dans les trois jours suivants.
Les principales méthodes traditionnelles de conservation couramment
utilisées ont montré leurs limites : ce sont la mise en fosse
et l’immersion dans l’eau. La première méthode a un temps
de conservation qui ne dépasse pas trois jours et un taux de pourrissement
et de noircissement très élevé (50 %). La deuxième
méthode ne conserve le manioc que pendant deux jours.
Pour résoudre le problème
de la conservation du manioc à l’état frais, l’on se propose
d’utiliser la technique d’emballage physiologique mise au point par le
National Resources Institute en collaboration avec le Ministère
de l’Agriculture et de l’Alimentation du Ghana. Cette technique est basée
sur la physiologie post-récolte du manioc. Elle consiste à
tremper les racines de manioc fraîchement récoltées
indemnes de blessures dans de l’eau pendant quelques secondes avant
de les mettre dans des sacs de jute. Ces sacs sont déposés
sur des claies pour les isoler du sol, puis recouverts de bâches
plastiques. Cette technique permet de conserver le manioc à l’état
frais pendant au moins une semaine ou au plus 21 jours. Elle n’est pas
chère et accessible au monde rural. Le présent projet
se propose d’évaluer l’impact du stockage prolongé
du manioc sur la qualité de l’attiéké en adaptant
la technique mise au point au Ghana aux conditions locales. Cette
méthode de conservation adaptée aux conditions locales pourra
être vulgarisée en milieu paysan auprès des agriculteurs
et des groupements de fabricants d’attiéké s’il était
démontré qu’elle n’altérait pas la qualité
de l’attiéké. |
| Dans cette
étude, nos analyses s’intéresseront également
à l’environnement socio-économique dans lequel les femmes
produisent l’attiéké pour voir l’influence des facteurs socio-économiques
(le rôle du groupe, la situation matrimoniale, le groupe ethnique
et la région) sur les performances de la technique de conservation.
Nous définirons les charges et la rémunération nette
des facteurs.
Consommation alimentaire
Analyse économétrique
de la demande des traits caractéristiques des produits de manioc
par les consommateurs en milieux urbains de Côté d’Ivoire
: cas de l'attiéké. Koffi POKOU
E-mail : cires@globeaccess.net
;
sadaoc-ci@afnet.net
Bien que les productions vivrières
excèdent généralement les besoins de consommation,
les problèmes de stockage et de conservation ne sont pas encore
résolus étant donné les coûts prohibitifs des
procédés mis au point par la recherche. Avec une forte pression
démographique et une urbanisation accélérée,
les besoins en produits alimentaires se manifestent avec acuité.
Déjà, quelques insuffisances
de l’offre de produits vivriers sont constatées. Ces insuffisances
proviennent d’un phénomène qui prend de plus en plus de l’importance
et qui est lié aux exportations de produits vivriers de la Côte
d’Ivoire vers les pays limitrophes. Les pénuries de vivres, même
passagères, doivent être perçues comme les signes d’une
possibilité de crise alimentaire en Côte d’Ivoire. A terme,
la maîtrise de la transformation des principaux féculents
(igname, banane plantain, manioc) pourrait constituer le moyen le plus
adéquat pour ravitailler les zones urbaines de façon continue
et permanente.
L’objectif principal de cette étude
est d’explorer la perception des différentes qualités d’attiéké
par les consommateurs. De façon spécifique, elle vise i)
à identifier les caractéristiques perçues des différentes
variétés d’attiéké, ii) à évaluer
le degré d’importance de ces caractéristiques et iii) à
mettre en évidence les facteurs qui influent sur les préférences
exprimées par les consommateurs.
La préférence des consommateurs
pour les différentes qualités d’attiéké sera
examinée à l’aide d’une analyse conjointe qui est une technique
courante dans les études de marché. L’analyse conjointe qui
sera adoptée dans la présente étude va suivre
un processus en trois étapes essentielles : i) identification des
traits pertinents, ii) détermination des traits les plus importants
et iii) évaluation des profils d’attiéké. |
|
L’étude
sera conduite dans la Région Sud où le manioc et les produits
de manioc, notamment l’attiéké, ont un poids indubitable
dans les revenus et dans les régimes alimentaires des ménages
tant en zones rurales qu’en zones urbaines. Plus précisément,
les Départements d’Abidjan, de Dabou, de Jacqueville et d’Adzopé
correspondant à des systèmes de production et de transformation
du manioc en attiéké relativement distincts seront pris en
considération. Cette recherche permettra de fournir aux fabricants
traditionnels et aux industriels les caractéristiques à prendre
en compte pour s’assurer que les qualités d’attiéké
mises sur le marché rencontrent les préférences des
consommateurs. De plus, les femmes jouent un rôle prépondérant
dans la production, la transformation et la distribution de manioc et de
produits de manioc. L’amélioration de la qualité des produits
aux différents stades de la filière du manioc permettra d’accroître,
d’une part, les revenus des femmes et le bien-être de leurs familles.
Ainsi, tout programme de développement
de la filière du manioc axé sur l’amélioration des
technologies de transformation contribuera à la lutte contre la
pauvreté des femmes et fournira, en même temps, une couverture
contre l’insécurité alimentaire par l’harmonisation des qualités
de produits. De plus, l’amélioration de la productivité des
inputs qu’implique l’introduction de nouvelles technologies de transformation
permettra d’approvisionner permanemment les milieux urbains de la Côte
d’Ivoire et de satisfaire durablement la demande des pays de la sous-région
en produits de manioc.
Aliments de
rue au Burkina Faso:
Production,
aspects socio-économiques, qualité et toxi-infections en
rapport avec la santé des populations. Alfred TRAORE & Nicolas
BARRO
E-mail : astraore@univ-ouaga.bf
;
nicolas.barro@bf.refer.org
Les aliments de rue sont de plus
en plus nombreux et diversifiés au Burkina Faso. Ces aliments sont
le plus souvent produits dans des conditions technologiques artisanales.
Le développement de ce secteur permet à environ 80% de la
population des villes (élèves, étudiants, salariés,
chômeurs, enfants de la rue et commerçants) de s’alimenter
aisément en dehors des ménages et à faible coût.
La qualité nutritive et hygiénique de ces aliments fait souvent
défaut. Les taux de nutriments de ces aliments ne sont souvent
pas équilibrés. En outre, plusieurs micro-organismes (les
entérovirus, les streptocoques, les coliformes fécaux, parfois
même des salmonelles, shigelles et autres clostridies) ont été
identifiés dans ces aliments après plusieurs heures d’expositions
de vente dans les rues. |
Ceci n’est
pas sans impact sur la santé des consommateurs. Car une enquête
préliminaire auprès des services de santé a montré
que la plupart des maladies diarrhéiques sont
d’origine alimentaire.
Pour contribuer à améliorer
cette forme d’alimentation, le projet abordera l’étude de
la qualité nutritionnelle des aliments de rue et formera les vendeurs
en les sensibilisant aux bonnes conditions d’assurance de la qualité
de ces aliments.
Représentations
et déterminants des situations alimentaires des ménages ruraux
de la région de la vallée du Bandama (Côte d’Ivoire).
Lazare A. POAME & Djato Kouakou KRA
E-mail : jatohci@yahoo.fr
A l’origine des problèmes
alimentaires et nutritionnels existants en Côte d’Ivoire, se trouve
une combinaison de facteurs dont la privatisation inadéquate des
structures de développement des vivriers, la chute des prix des
produits de rente, la faible intensification des cultures, le monopole
des petits commerçants de vivriers et l’absence de planification
familiale.
Pour mieux appréhender tous
ces facteurs devenus très complexes car interdépendants,
plusieurs instruments qui se démarquent des méthodes classiques
seront utilisés. Il s’agit des tests de rang multiple pour les comparaisons,
du modèle spécifique d’écart calorique à structure
économétrique et du modèle de représentation
ou de vision anthropométrique. Ces modèles prennent
en compte les représentations alimentaires et nutritionnelles propres
aux communautés africaines. Deux cent ménages ruraux
seront choisis en pays Sénoufo et Baoulé des régions
de savane de Côte d’Ivoire pour permettre l’expérimentation
de ces nouvelles approches de surcroît cohérentes et intégrées.
L’expérimentation envisagée demeure utile pour la mise en
place de politiques alimentaires et nutritionnelles viables.
Commerce des produits alimentaires
L’impact du
commerce frontalier sur la sécurité alimentaire au Ghana.
Francis SROFENYOH & Ramatu AL-HASSAN
E-mail : agrilib@libr.ug.edu.gh
Le Ghana a connu un déclin
général de l’économie au cours des trois décennies
qui ont suivi son accession à l’indépendance. Ce déclin
était principalement dû à la mauvaise gestion. Pour
renverser cette tendance, le gouvernement a initié un Programme
de redressement économique (PRE), qui a été suivi
d’un Programme d’ajustement structurel (PAS). L’objectif ultime de cette
réforme était de redresser l’économie et de créer
un environnement propice à la croissance économique et au
développement. |
|
A l’époque,
le pays connaissait des problèmes d’insécurité alimentaire
chronique. La réforme devait donc mettre en place des stratégies
visant à créer un environnement propice à un investissement
accru du secteur privé dans le stockage, l’approvisionnement en
intrants et la transformation des produits agricoles, dans le but de fournir
des intrants nécessaires à l’accroissement de la production
alimentaire. Toutefois, il est de plus en plus évident que la production
alimentaire n’évolue pas au même rythme que l’accroissement
de la population. Bref, le problème de l’insécurité
alimentaire va s’aggravant. Mais, le commerce frontalier peut jouer un
rôle primordial dans la satisfaction de la demande alimentaire des
pays africains, notamment du Ghana. Il devient dès lors impératif
d’identifier et de promouvoir les stratégies qui peuvent conduire
à l’augmentation de la production alimentaire ou des revenus, et
partant, à la réduction de l’insécurité alimentaire.
Bien qu’il soit admis par beaucoup de personnes que le commerce frontalier
donne à beaucoup de pays africains, l’accès non seulement
aux denrées alimentaires mais aussi aux marchés étrangers
pour l’exportation des produits agricoles, d’autres personnes pensent le
contraire. Le présent projet de recherche s’est fixé pour
objectif d’examiner si le commerce frontalier contribue effectivement à
résoudre les problèmes d’insécurité alimentaire
dans les zones frontalières du Ghana ou non.
Pour répondre à cette
question, les chercheurs se proposent d’analyser le facteur de disponibilité
des aliments en vue de déterminer les effets du commerce frontalier
sur la disponibilité des denrées alimentaires au sein des
ménages se trouvant au sein des zones frontalières ainsi
que dans les zones non frontalières. En somme, les résultats
de cette étude permettront de formuler des recommandations adéquates
et efficaces à l’intention des décideurs, afin d’accroître
l’impact des bénéfices des politiques macroéconomiques
au niveau micro. Cette étude fournira également aux décideurs
de la sous-région des bases pour la formulation des politiques adéquates
visant à renforcer l’efficacité du commerce intra-régional
en vue d’accroître la disponibilité des denrées alimentaires
et des revenus y afférents au sein de la majorité des communautés
des producteurs. Par ailleurs, l’étude aidera le Projet Commerce
et Infrastrutures à atteindre ses objectifs en matière d’analyse
de la structure des prix, des coûts des transactions et de l’intégration
des produits alimentaires sélectionnés et à identifier
les mécanismes de coordination successive des marchés
dans les réseaux de commercialisation des denrées alimentaires
de la sous-région. |
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Réduction
de la pauvreté et thèmes y relatifs
Evaluation
de la contribution des zones boisées à l’énergie,
aux revenus et à la sécurité alimentaire des ménages
de la zone rurale de la Région Centrale du Ghana. Mensah BONSU &
S.O. APORI
E-mail : csucc@ghana.com;
ucclib@ucc.gn.apc.org
L’objectif global de cette étude
est d’évaluer la contribution de la création des zones boisées
comme activité génératrice de revenus dans la zone
rurale de la Région Centrale du Ghana. L’étude sera
centrée sur l’écozone de la savanne côtière,
où la forte demande des ménages en bois de chauffe pour la
cuisine, le fumage traditionnel du poisson et la préparation
du pain, a entraîné une importante dégradation et un
épuisement des espèces de bois naturel. Les chercheurs vont
utiliser des questionnaires, des guides d’interviews, des discussions en
groupes et des enquêtes sur le marché pour un échantillon
de 120 producteurs de bois, sélectionnés au hasard dans quatre
districts. Les données socio-économiques sur la production
vont permettre d’évaluer le potentiel de la culture des bois, dans
l’optique de réduire la pauvreté dans les zones rurales.
Les données collectées vont également permettre de
connaître la chaîne de l’emploi liée à la création
des zones boisées. Les résultats de l’étude
seront utilisés pour prodiguer des conseils aux agriculteurs sur
les techniques culturales efficaces des bois en tant qu’activité
génératrice des revenus.
Analyse de
l'état de pauvreté des producteurs-maraîchers de la
zone périurbaine de Bamako au Mali. Manda Sadio KEITA
E-mail : Manda.Keita@ier.ml
Pays continental par excellence,
le Mali se trouve au cœur de l’Afrique sahélienne. De vocation principalement
agropastorale, le pays est soumis aux aléas climatiques et à
la forte fluctuation et une mauvaise répartition de la pluviométrie
pendant une saison d’hivernage s’étalant sur au maximum trois mois.
Le secteur agricole fournit près de 50% du PIB et assure de l'emploi
à environ 80% de la population active. Malgré cela, les problèmes
de sécurité alimentaire et de lutte contre la pauvreté
demeurent au centre des priorités du pays.
La production agricole du pays est
essentiellement constituée des céréales telles que
le mil, le sorgho, le riz et le maïs ainsi que du coton, principale
culture commerciale qui fournit l’essentiel des recettes d’exportation
du pays. |
|
Cependant,
la diversification des préférences alimentaires et l’évolution
démographique des populations orientent de plus en plus vers la
consommation des légumes frais. L'éclosion de l'initiative
privée suite au désengagement de l'Etat et la dévaluation
du franc CFA de 1994 ont permis aux productions maraîchères
d’occuper aujourd'hui des superficies assez importantes autour des grands
centres urbains et dans les zones rurales. Selon certaines estimations,
les revenus issus du maraîchage peuvent constituer 20 à 30%
du revenu total des paysans qui le pratiquent (Baris, 1996).
Au Mali, comme dans la plupart des
pays du Sahel, les productions maraîchères sont fortement
saisonnières. Elles sont concentrées durant la période
allant de décembre en mars, surtout pour les variétés
provenant d’Europe. Les fluctuations saisonnières de l'offre des
produits maraîchers reflètent les contraintes agronomiques
et climatiques ainsi que l'inorganisation des circuits de commercialisation,
le manque de facilité moderne pour le transport, le stockage et
la transformation. En hivernage par contre, les prix sont élevés
et une partie de la demande (oignon, tomate) est satisfaite par des importations
soit des pays voisins, soit d'Europe Occidentale.
Le maraîchage périurbain
est une partie intégrante de la large gamme des systèmes
de production existants. Il est principalement représenté
par "la ceinture verte de Bamako" que délimite la bande de terre
d'environ 10 km autour de la ville de Bamako. Dans cette circonférence,
on retrouve les périmètres maraîchers le long du fleuve
Niger et de ses affluents (torrents, rivières, marigots) et dans
les bas-fonds marécageux épargnés par le tissu urbain.
Dans cette zone, la majeure partie des exploitants ne disposent que de
petites parcelles (en moyenne 300m2) sur lesquelles ils pratiquent une
exploitation intensive (exploitation continue toute l’année). Ces
exploitants sont généralement issus de l’exode rural et viennent
trouver dans cette zone leurs moyens de subsistance grâce au maraîchage
et aux petits métiers de l’informel des centres urbains.
La pratique du maraîchage autour
de la ville de Bamako constitue t-elle un moyen efficace de lutte contre
la pauvreté ? Telle est la question principale qui motive l’étude
que nous entreprenons dans cette zone.
Profil et déterminants
de la pauvreté alimentaire au Burkina Faso: cas de la ville
de Ouagadougou. Souleymane SIKIROU
E-mail : sadaoc@cenatrin.bf |
| Face aux
effets sociaux du PAS et à la nécessité d’endiguer
la pauvreté par des politiques appropriées, des études
ont été entreprises pour approfondir la connaissance du phénomène.
Elles mettent en exergue un sérieux problème d’accessibilité
à l’alimentation, notamment chez les plus pauvres. Cela requiert
une analyse approfondie de la pauvreté alimentaire dans une perspective
de lutte efficace contre la pauvreté. En effet, les politiques de
réforme libérale sont susceptibles d'accentuer l’insécurité
alimentaire des populations les plus vulnérables notamment dans
les grandes villes.
L'objectif principal de cette étude
est d'analyser le profil et les déterminants socioéconomiques
de l’insécurité alimentaire des ménages à Ouagadougou,
la métropole de l’armature urbaine burkinabé qui représente
44,3% de la population urbaine du pays.
Des données secondaires seront
obtenues par la compilation de la documentation existant sur le thème
et des bases de données des deux Enquêtes Prioritaires sur
les conditions de vie des ménages (EP n°1 et EP n°2) réalisées
par l'INSD en 1994 et en 1998. Quant aux données primaires elles
seront recueillies grâce à une enquête en coupe transversale
auprès de 138 ménages tirés par quotas puis ciblés
par choix raisonné dans chacune des cinq (5) communes de la ville.
L’enquête se fera en trois passages (saison de semis, saison pluvieuse
et période de soudure) et portera sur tous les aspects des conditions
de vie des ménages : le revenu, les dépenses alimentaires
et non alimentaires, les dépenses d’éducation et de santé,
les facteurs démographiques tels l’âge, le sexe, l’état
matrimonial etc., l’emploi et le chômage, l’urbanisation et la migration,
les types de logement, les niveaux d’instruction et l’état de santé
etc. |
|
Les deux
(2) approches de l’analyse de la pauvreté (le profil et la décomposition
de la pauvreté et l’analyse économétrique) seront
appliquées, cela après avoir déterminé un seuil
de pauvreté alimentaire spécifique à la ville de Ouagadougou.
Le profil de pauvreté alimentaire des ménages sera caractérisé
à l’aide du logiciel DAD (Distributive Analysis / Analyse Distributive),
selon trois (3) catégorisations : le sexe, la catégorie socio-économique
du chef de ménage et la taille du ménage. Cette analyse se
basera sur deux indices (“l’indice de pauvreté alimentaire”, et
“la contribution à la pauvreté alimentaire”) et deux courbes
(les courbes des indices FGT et les courbes CPG, Cumulative Poverty
Gap) . L’analyse économétrique se fondera sur la maximisation
de la fonction d’utilité des ménages (SINGH et al, 1986)
qui aboutit à une fonction de demande calorique (KYEREME S. S. et
E. THORBECKE (1991). Le différentiel calorique DCi des ménages
sera analysé en régression multiple admettant plusieurs variables
explicatives : les dépenses alimentaires et des variables socio-économiques
(âge, instruction, profession du chef de ménage ; composition
par âge et par sexe, morbidité du ménage, etc).
Cette étude, qui analysera
et appréciera la robustesse du profil et les déterminants
de la pauvreté alimentaire, sera d’un grand apport aux décideurs
et aux chercheurs. L’interprétation des indicateurs du profil de
pauvreté et des résultats de l’estimation du modèle
nous permettra de cibler rigoureusement les catégories de populations
les plus vulnérables, de dégager les facteurs explicatifs
les plus importants de la situation alimentaire des ménages et de
proposer des mesures de politique économique à l’intention
des décideurs politiques. |
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