S A D A O C















sadaoc.se@fasonet.bf
 



Volume 5, Numéro 2, Décembre 2001

PROJETS DE RECHERCHE DE COURT TERME (2001-2002)
Résumés des propositions sur les aspects en amont et en aval de la production alimentaire, et la réduction de la pauvreté
Introduction
Adoption de technologies et systèmes indigènes de connaissances agricoles
Les déterminants de l'adoption des intrants chimiques dans la riziculture ivoirienne : le cas de la région des lacs (Yamoussoukro). Atsé Honoré P. N'de & Yapo N'dia V. Bouaffon
Facteurs d'acceptabilité des techniques de conservation des sols dans les systèmes de production vivrière au sud-est du Togo. Amegbeto Koffi & Mawussi Gbenonchi
Déterminants de l'adoption de la traction animale, des semences améliorées et des engrais chimiques dans les zones non cotonnières du Burkina Faso. Ouedraogo S. Robert
Transformation et conservation des produits alimentaires
Production de farine stabilisée de banane plantain dans la confection de mets traditionnels. Souleymane Coulibaly & Kouakou N'Goran
Impact du stockage prolongé du manioc sur la qualité de l'attiéké. Catherine Djedji, Koffi.Yao & Kouadio Tano
Consommation alimentaire
Analyse économétrique de la demande des traits caractéristiques des produits de manioc par les consommateurs en milieux urbains de Côte d'Ivoire : cas de l'attiéké. Koffi Pokou
Aliments de rue au Burkina Faso: production, aspects socio-économiques, qualité et toxi-infections en rapport avec la santé des populations. Alfred Traore & Nicolas Barro
Représentations et déterminants des situations alimentaires des ménages ruraux de la région de la vallée du Bandama (Côte d'Ivoire). Lazare A. Poame & Djato Kouakou Kra
Commerce des produits alimentaires
L' impact du commerce frontalier sur la sécurité alimentaire au Ghana. Francis Srofenyoh & Ramatu Al-Hassan
Réduction de la pauvreté et thèmes y relatifs
Evaluation de la contribution des zones boisées à l'énergie, aux revenus et à la sécurité alimentaire des ménages de la zone rurale de la Région Centrale du Ghana. Mensah Bonsu & S.O. Apori
Analyse de l'état de pauvreté des producteurs maraîchers de la zone périurbaine de Bamako au Mali. Manda Sadio Keita
Profil et déterminants de la pauvreté alimentaire au Burkina Faso: cas de la ville de Ouagadougou. Souleymane Sikirou

Bulletin Semestriel sur les Politiques et Stratégies de Sécurité Alimentaire en Afrique de l’Ouest


Introduction
La pression démographique, l’exode rural et l’augmentation du taux d’urbanisation sont des phénomènes qui placent les producteurs agricoles dans un véritable dilemme face à leurs propres besoins et à la demande alimentaire croissante des ménages urbains. La détérioration de l’environnement de production caractérisée notamment par des conditions socio-économiques peu favorables (politiques d’ajustement structurel, baisse du pouvoir d’achat des ménages, faible adoption des techniques culturales améliorées, etc.) est la source de ce dilemme, tandis que les consommateurs urbains deviennent de plus en plus exigeants en produits alimentaires de qualité. Le comportement des ménages et des autres acteurs en matière d’adoption des technologies, ainsi que les systèmes indigènes de connaissances agricoles témoignent-ils de l’effort nécessaire pour opérer les changements requis dans la production, la transformation et la commercialisation des produits alimentaires ? L’objectif est d’améliorer la disponibilité et l’accessibilité de ces produits d’une part, et d’accroître la compétitivité des filières dans le contexte actuel de libéralisation des échanges commerciaux d’autre part.

Face à un tel défi, il importe en outre de noter que les problèmes de qualité et d’hygiène compromettent la durabilité du secteur de transformation artisanal des produits. Le développement et/ou le transfert de technologies agro-alimentaires afin de transformer les denrées locales en produits stables et de conservation durable apparaît comme une impérieuse nécessité. Il faudra satisfaire les besoins d’une population croissante et sous l’influence d’un processus d’urbanisation rapide. L’accessibilité des populations à une alimentation de base suffisante et équilibrée appelle non seulement à l’accroissement de la productivité et de la production agricoles mais aussi à celui de la performance de la transformation des produits alimentaires. Quelle approche serait la plus appropriée pour relever le défi technologique de la transformation des produits alimentaires ?

Cette approche devrait s’inscrire dans les stratégies de réduction de la pauvreté en Afrique de l’Ouest Centrale.

Le précédent numéro de SADAOC-INFO a été  consacré aux propositions de recherche traitant divers aspects de la production alimentaire et de la gestion des ressources naturelles.

 

Celui-ci présente les résumés des propositions concernant les aspects en amont et en aval de la production, et la réduction de la pauvreté. Il s’agit de : l’adoption des technologies et les systèmes indigènes de connaissances agricoles ; la transformation et la conservation des produits alimentaires ; la consommation alimentaire ;  le commerce alimentaire ; la réduction de la pauvreté et les aspects y relatifs.

Adoption de technologies et systèmes indigènes de connaissances agricoles

Les déterminants de l’adoption des intrants chimiques dans la riziculture ivoirienne : le cas de la région des lacs (Yamoussoukro). Atsé Honoré P. N’DE & Yapo N’Dia V. BOUAFFON
E-mail : cires@globeaccess.net

 En Côte d’Ivoire, le riz est une denrée assez particulière. Ce qui justifie la mise en place de programmes assez ambitieux de valorisation de cette culture. De nouvelles technologies (semences améliorées, motorisation, intrants chimiques…) ont été introduites pour une amélioration des rendements. Après des débuts encourageants, le programme riz a connu des soubresauts tendant à faire baisser la production nationale. Plusieurs facteurs pourraient être à la base de la faiblesse de la production locale de riz. L’étude sur les déterminants de l’adoption des intrants chimiques dans la riziculture ivoirienne rentre dans le cadre de la recherche des éléments de solutions aux problèmes du déséquilibre entre l’offre locale et la demande. Le modèle TOBIT sera utilisé pour vérifier les hypothèses de cette étude. La région des Lacs, nouvelle zone de pénétration de la culture du riz en Côte d’Ivoire servira de cadre pour atteindre les objectifs de cette étude. Les résultats de l’étude devraient permettre de cibler les facteurs essentiels dans l’adoption des intrants chimiques au niveau de la riziculture ivoirienne.

Facteurs d’acceptabilité des techniques de conservation des sols dans les systèmes de production vivrière au sud-est du Togo. AMEGBETO Koffi & Mawussi GBENONCHI
E-mail : sadaoctg@cafe.tg; mgben@hotmail.com

Le nord-est du Togo est l'un des secteurs les plus peuplés du pays. La pression foncière est déjà forte dans cette zone car la densité de population rurale atteint un niveau explosif de 300 habitants/km2


 
dans certaines localités contre 65 à 85 habitants/km2 dans les conditions du pays. La production vivrière est confrontée à des problèmes très préoccupants qui sont d’ordre technique, foncier, économique, climatique, sociologique et institutionnel. Parmi ces problèmes, on peut citer la dégradation des terres cultivables et celle de l’environnement. L'agriculture traditionnelle à faible niveau d'intrants demeure le principal mode d'exploitation des terres. L'utilisation des engrais, des pesticides et des semences sélectionnées, est très limitée malgré  les actions de vulgarisation des structures d'encadrement. En 1996, les semences sélectionnées ont été utilisées sur moins de 1,5 % des superficies cultivées. Les parcelles engraissées ne dépassent guère 14 % des superficies cultivées dont 9 % pour l'engrais chimique et 5 % pour la fumure organique. Les produits phytosanitaires ne sont appliqués que sur 0,7 % des superficies cultivées (DSID, 1998). Par conséquent, les terres s'épuisent à un rythme accéléré et les rendements des cultures baissent continuellement. Ce qui compromet dangereusement la durabilité de tout le système de production agricole et constitue une menace pour la sécurité alimentaire des populations. Selon une étude de la Banque Mondiale (1996), la pauvreté revêt une forme extrême dans la région car le revenu par tête est inférieur aux coûts des besoins calorifiques pour 38,1 % de la population rurale et près de 57 % sont pauvres avec des revenus inférieurs au seuil de pauvreté. 

Ces résultats sont alarmants. On ne peut mettre en place des systèmes de production durables que dans la mesure où on associe l’application de bonnes techniques de culture avec un système de dispositif de conservation des sols. Les techniques  actuellement disponibles pour préserver le patrimoine foncier sont souvent présentées aux paysans par les structures d’encadrement ; mais leur acceptation est partielle et les facteurs qui  expliquent ou contribuent à leur adoption restent encore mal connus. 

Comme hypothèse de travail, il est présumé dans la littérature qu'il existe des facteurs propres aux paysans, des facteurs liés à la technique, des facteurs institutionnels et des facteurs biophysiques qui sont susceptibles d'influencer, de façon positive ou négative selon le cas, l'adoption d'une technologie agricole en milieu rural. Le but de ce travail est de faire la lumière sur les facteurs qui expliquent l'adoption des techniques de conservation et de restitution de la fertilité des sols. Afin d’atteindre l'objectif fixé, nous procéderons à la collecte de données primaires par sondage basée sur la méthode d’échantillonnage. Des échantillons de terres seront prélevés et analysés pour l'appréciation des propriétés physiques et chimiques 

des sols en relation avec la dynamique des cultures. Plusieurs méthodologies ont été utilisées pour l’analyse de la décision d’adopter les techniques de conservation des sols et des facteurs déterminants. Elles varient de simples modèles d’évaluation des investissements de conservation basée sur la méthode des valeurs actuelles ou des moindres carrés aux méthodes d’analyse de données qualitatives telles que les modèles Tobit, Logit et Probit. 

Dans la présente étude, la modélisation de la perception des problèmes de dégradation et des facteurs d’acceptabilité des techniques de conservation des sols dans la production vivrière s’inspire du modèle Probit qui sera ainsi utilisé pour l'analyse des données. Les résultats attendus sont la connaissance des facteurs biophysiques, socio-économiques et institutionnels qui affectent l’adoption des techniques de conservation des sols et de restauration de leur fertilité et l'identification des groupes cibles d’exploitants susceptibles de les adopter facilement.

Déterminants de l'adoption de la traction animale, des semences améliorées et des engrais chimiques dans les zones non cotonnières du Burkina Faso. OUEDRAOGO S. Robert
E-mail : saidourobert@yahoo.fr

Problématique de l'étude
Dans la région agricole du Centre-Nord, la surexploitation des terres à laquelle s'associe la disparition progressive de la jachère entraîne la dégradation et l'appauvrissement des sols. Le coefficient d'intensité culturale est passé de 39% en 1980 à 57% en 1993. Le recours à la culture attelée et aux fertilisants chimiques pour restaurer la fertilité des sols appauvris est à l'ordre du jour. Malgré l'intervention de nombreuses structures d'appui à l'organisation et au financement, le niveau d'équipement et d'adoption des intrants modernes demeure faible dans cette zone non cotonnière. Il y a donc lieu de rechercher les raisons de cette faiblesse à travers l'accessibilité des structures d'appui, les caractéristiques des producteurs et des technologies en question.

Objectifs de l'étude
L'objectif principal de l'étude est d'identifier les déterminants de l'adoption des technologies améliorées de production agricole dans la zone non cotonnière du Burkina Faso. De façon spécifique, il s'agira d'apprécier l'impact des différents facteurs susceptibles d'influencer l'adoption et l'intensité d'utilisation des technologies.

Méthodologie de collecte et d'analyse des données


 
Les données de l'étude seront des données primaires collectées auprès des producteurs des 4 provinces du Centre-Nord. Dans chaque province, l'échantillon comprendra 100 producteurs chefs de ménages dont 70 dans le village favorisé et 30 dans le village défavorisé. La collecte des données auprès des producteurs sera effectuée par 8 enquêteurs (1 par village) sous le contrôle de deux superviseurs (1 pour 2 provinces). Un assistant de recherche aidera le responsable de l'étude dans la préparation et l'exécution correcte des travaux de collecte des données. Elle s'effectuera avant le début de la campagne agricole. Les informations primaires à collecter concernent les variables économiques, les caractéristiques socio-démographiques des producteurs, les caractéristiques des technologies et le contexte institutionnel. L'étude utilisera un modèle Tobit.

Résultats attendus et méthodes de diffusion
Les résultats attendus de l'étude sont l'identification des déterminants de l'adoption des technologies étudiées, et la formulation de recommandations pour l'amélioration de l'accès à ces technologies. Ils feront l'objet de dissémination au sein du réseau SADAOC, de restitution auprès des décideurs et de publication dans une revue scientifique.

Transformation et conservation des produits alimentaires

Production de farine stabilisée de banane plantain dans la confection de mets traditionnels. Souleymane COULIBALY & Kouakou N’GORAN
E-mail : sadaoc-ci@afnet.net

La banane plantain est une des principales denrées alimentaires de la Côte d’Ivoire. A  ce titre, elle est produite en grande quantité (environ 1 200 000 tonnes chaque année). Malheureusement, l’on enregistre en période d’abondance d’importantes pertes post-récolte (jusqu’à 40 %), faute de moyens de transformation et de conservation.

En période de pénurie, les prix de la banane plantain sur le marché sont multipliés par trois. Face à cette situation, les paysannes de certaines régions transforment la banane plantain en farine. Malheureusement cette farine a une durée de conservation très courte (quelques jours seulement) parce qu’elle n’est pas stabilisée.

La présente étude se propose de contribuer à la réduction des pertes post-récolte de la banane plantain, par la mise au point d’une farine stabilisée. Pour cela l’on fera le point des procédés artisanaux de fabrication de farine de banane plantain, pour en retenir le plus

performant, que l’on améliorera éventuellement. La méthode améliorée sera appliquée à différents cultivars de banane plantain et l’on étudiera la stabilité des farines dans le temps.

Ces travaux aboutiront à la mise au point d’une méthode améliorée de production de farine stabilisée de banane plantain adaptée à chaque cultivateur. Cette méthode qui sera ensuite enseignée aux paysannes leur permettra de disposer de la farine pour la confection de leurs mets traditionnels même en période de pénurie. Elles pourront en outre augmenter leurs revenus par la vente sur le marché de leur excédent de farine.

Impact du stockage prolongé du manioc sur la qualité de l'attiéké. Catherine DJEDJI, Koffi YAO & Kouadio TANO
E-mail : sadaoc-ci@afnet.net

La conservation du manioc à l’état frais pose d’énormes problèmes limitant ainsi son utilisation. Une fois récolté et stocké à l’air libre, le manioc commence à pourrir dans les trois jours suivants. Les principales méthodes traditionnelles de conservation couramment utilisées ont montré leurs limites : ce sont la mise en fosse et l’immersion dans l’eau. La première méthode a un temps de conservation qui ne dépasse pas trois jours et un taux de pourrissement et de noircissement très élevé (50 %). La deuxième méthode ne conserve le manioc que pendant deux jours.

Pour résoudre le problème de la conservation du manioc à l’état frais, l’on se propose d’utiliser la technique d’emballage physiologique mise au point par le National Resources Institute en collaboration avec le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation du Ghana. Cette technique est basée sur la physiologie post-récolte du manioc. Elle consiste à tremper les racines de manioc fraîchement récoltées indemnes de blessures dans de l’eau pendant  quelques secondes avant de les mettre dans des sacs de jute. Ces sacs sont déposés sur des claies pour les isoler du sol, puis recouverts de bâches plastiques. Cette technique permet de conserver le manioc à l’état frais pendant au moins une semaine ou au plus 21 jours. Elle n’est pas chère et accessible au monde rural.  Le présent projet se propose d’évaluer  l’impact du stockage prolongé du manioc sur la qualité de l’attiéké en adaptant la technique mise au point au Ghana aux conditions locales.  Cette méthode de conservation adaptée aux conditions locales pourra être vulgarisée en milieu paysan auprès des agriculteurs et des groupements de fabricants d’attiéké s’il était démontré qu’elle n’altérait pas la qualité de l’attiéké.


 
Dans cette étude,  nos analyses s’intéresseront également à l’environnement socio-économique dans lequel les femmes produisent l’attiéké pour voir l’influence des facteurs socio-économiques (le rôle du groupe, la situation matrimoniale, le groupe ethnique et la région) sur les performances de la technique de conservation. Nous définirons les charges et la rémunération nette des facteurs.

Consommation alimentaire

Analyse économétrique de la demande des traits caractéristiques des produits de manioc par les consommateurs en milieux urbains de Côté d’Ivoire : cas de l'attiéké. Koffi POKOU
E-mail : cires@globeaccess.net ;
sadaoc-ci@afnet.net

Bien que les productions vivrières excèdent généralement les besoins de consommation, les problèmes de stockage et de conservation ne sont pas encore résolus étant donné les coûts prohibitifs des procédés mis au point par la recherche. Avec une forte pression démographique et une urbanisation accélérée, les besoins en produits alimentaires se manifestent avec acuité.

Déjà, quelques insuffisances de l’offre de produits vivriers sont  constatées. Ces insuffisances proviennent d’un phénomène qui prend de plus en plus de l’importance et qui est lié aux exportations de produits vivriers de la Côte d’Ivoire vers les pays limitrophes. Les pénuries de vivres, même passagères, doivent être perçues comme les signes d’une possibilité de crise alimentaire en Côte d’Ivoire. A terme, la maîtrise de la transformation des principaux féculents (igname, banane plantain, manioc) pourrait constituer le moyen le plus adéquat pour ravitailler les zones urbaines de façon continue et permanente.

L’objectif principal de cette étude est d’explorer la perception des différentes qualités d’attiéké par les consommateurs. De façon spécifique, elle vise i) à identifier les caractéristiques perçues des différentes variétés d’attiéké, ii) à évaluer le degré d’importance de ces caractéristiques et iii) à mettre en évidence les facteurs qui influent sur les préférences exprimées par les consommateurs.

La préférence des consommateurs pour les différentes qualités d’attiéké sera examinée à l’aide d’une analyse conjointe qui est une technique courante dans les études de marché. L’analyse conjointe qui sera adoptée dans la présente étude va suivre  un processus en trois étapes essentielles : i) identification des traits pertinents, ii) détermination des traits les plus importants et iii) évaluation des profils d’attiéké.

L’étude sera conduite dans la Région Sud où le manioc et les produits de manioc, notamment l’attiéké, ont un poids indubitable dans les revenus et dans les régimes alimentaires des ménages tant en zones rurales qu’en zones urbaines. Plus précisément, les Départements d’Abidjan, de Dabou, de Jacqueville et d’Adzopé correspondant à des systèmes de production et de transformation du manioc en attiéké relativement distincts seront pris en considération. Cette recherche permettra de fournir aux fabricants traditionnels et aux industriels les caractéristiques à prendre en compte pour s’assurer que les qualités d’attiéké mises sur le marché rencontrent les préférences des consommateurs. De plus, les femmes jouent un rôle prépondérant dans la production, la transformation et la distribution de manioc et de produits de manioc. L’amélioration de la qualité des produits aux différents stades de la filière du manioc permettra d’accroître, d’une part, les revenus des femmes et le bien-être de leurs familles.

Ainsi, tout programme de développement de la filière du manioc axé sur l’amélioration des technologies de transformation contribuera à la lutte contre la pauvreté des femmes et fournira, en même temps, une couverture contre l’insécurité alimentaire par l’harmonisation des qualités de produits. De plus, l’amélioration de la productivité des inputs qu’implique l’introduction de nouvelles technologies de transformation permettra d’approvisionner permanemment les milieux urbains de la Côte d’Ivoire et de satisfaire durablement la demande des pays de la sous-région en produits de manioc.

Aliments de rue au Burkina Faso:
 Production, aspects socio-économiques, qualité et toxi-infections en rapport avec la santé des populations. Alfred TRAORE & Nicolas BARRO
E-mail : astraore@univ-ouaga.bf ; 
nicolas.barro@bf.refer.org

Les aliments de rue sont de plus en plus nombreux et diversifiés au Burkina Faso. Ces aliments sont le plus souvent produits dans des conditions technologiques artisanales. Le développement de ce secteur permet à environ 80% de la population des villes (élèves, étudiants, salariés, chômeurs, enfants de la rue et commerçants) de s’alimenter aisément en dehors des ménages et à faible coût. La qualité nutritive et hygiénique de ces aliments fait souvent défaut. Les taux de nutriments de ces aliments ne sont  souvent pas équilibrés. En outre, plusieurs micro-organismes (les entérovirus, les streptocoques, les coliformes fécaux, parfois même des salmonelles, shigelles et autres clostridies) ont été identifiés dans ces aliments après plusieurs heures d’expositions de vente dans les rues.


 
Ceci n’est pas sans impact sur la santé des consommateurs. Car une enquête préliminaire auprès des services de santé a montré que  la plupart des maladies  diarrhéiques  sont d’origine alimentaire. 
Pour contribuer à améliorer cette forme d’alimentation, le projet abordera  l’étude de la qualité nutritionnelle des aliments de rue et formera les vendeurs en les sensibilisant aux bonnes conditions d’assurance de la qualité de ces aliments.

Représentations et déterminants des situations alimentaires des ménages ruraux de la région de la vallée du Bandama (Côte d’Ivoire). Lazare A. POAME & Djato Kouakou KRA
E-mail : jatohci@yahoo.fr

A l’origine des problèmes alimentaires et nutritionnels existants en Côte d’Ivoire, se trouve une combinaison de facteurs dont la privatisation inadéquate des structures de développement des vivriers, la chute des prix des produits de rente, la faible intensification des cultures, le monopole des petits commerçants de vivriers et l’absence de planification familiale.

Pour mieux appréhender tous ces facteurs devenus très complexes car interdépendants, plusieurs instruments qui se démarquent des méthodes classiques seront utilisés. Il s’agit des tests de rang multiple pour les comparaisons, du modèle spécifique d’écart calorique à structure économétrique et du modèle de représentation ou de vision anthropométrique. Ces modèles  prennent en compte les représentations alimentaires et nutritionnelles propres aux communautés africaines.  Deux cent ménages ruraux  seront choisis en pays Sénoufo et Baoulé des régions de savane de Côte d’Ivoire pour permettre l’expérimentation de ces nouvelles approches de surcroît cohérentes et intégrées. L’expérimentation envisagée demeure utile pour la mise en place de politiques alimentaires et nutritionnelles viables.

Commerce des produits alimentaires

L’impact du commerce frontalier sur la sécurité alimentaire au Ghana. Francis SROFENYOH & Ramatu AL-HASSAN
E-mail : agrilib@libr.ug.edu.gh

Le Ghana a connu un déclin général de l’économie au cours des trois décennies qui ont suivi son accession à l’indépendance. Ce déclin était principalement dû à la mauvaise gestion. Pour renverser cette tendance, le gouvernement a initié un Programme de redressement économique (PRE), qui a été suivi d’un Programme d’ajustement structurel (PAS). L’objectif ultime de cette réforme était de redresser l’économie et de créer un environnement propice à la croissance économique et au développement.

A l’époque, le pays connaissait des problèmes d’insécurité alimentaire chronique. La réforme devait donc mettre en place des stratégies visant à créer un environnement propice à un investissement accru du secteur privé dans le stockage, l’approvisionnement en intrants et la transformation des produits agricoles, dans le but de fournir des intrants nécessaires à l’accroissement de la production alimentaire. Toutefois, il est de plus en plus évident que la production alimentaire n’évolue pas au même rythme que l’accroissement de la population. Bref, le problème de l’insécurité alimentaire va s’aggravant. Mais, le commerce frontalier peut jouer un rôle primordial dans la satisfaction de la demande alimentaire des pays africains, notamment du Ghana. Il devient dès lors impératif d’identifier et de promouvoir les stratégies qui peuvent conduire à l’augmentation de la production alimentaire ou des revenus, et partant, à la réduction de l’insécurité alimentaire.   Bien qu’il soit admis par beaucoup de personnes que le commerce frontalier donne à beaucoup de pays africains, l’accès non seulement aux denrées alimentaires mais aussi  aux marchés étrangers pour l’exportation des produits agricoles, d’autres personnes pensent le contraire. Le présent projet de recherche s’est fixé pour objectif d’examiner si le commerce frontalier contribue effectivement à résoudre les problèmes d’insécurité alimentaire dans les zones frontalières du Ghana ou non.

Pour répondre à cette question, les chercheurs se proposent d’analyser  le facteur de disponibilité des aliments en vue de déterminer les effets du commerce frontalier sur la disponibilité des denrées alimentaires au sein des ménages se trouvant au sein des zones frontalières ainsi que dans les zones non frontalières. En somme, les résultats de cette étude permettront de formuler des recommandations adéquates et efficaces à l’intention des décideurs, afin d’accroître l’impact des bénéfices des politiques macroéconomiques au niveau micro. Cette étude fournira également aux décideurs de la sous-région des bases pour la formulation des politiques adéquates visant à renforcer l’efficacité du commerce intra-régional en vue d’accroître la disponibilité des denrées alimentaires et des revenus y afférents au sein de la majorité des communautés des producteurs.  Par ailleurs, l’étude aidera le Projet Commerce et Infrastrutures à atteindre ses objectifs en matière d’analyse de la structure des prix, des coûts des transactions et de l’intégration des produits alimentaires sélectionnés et à identifier les mécanismes de coordination successive des marchés  dans les réseaux de commercialisation des denrées alimentaires de la sous-région.


 
Réduction de la pauvreté et thèmes y relatifs

Evaluation de la contribution des zones boisées à l’énergie, aux revenus et à la sécurité alimentaire des ménages de la zone rurale de la Région Centrale du Ghana. Mensah BONSU & S.O. APORI
E-mail : csucc@ghana.com; 
ucclib@ucc.gn.apc.org

L’objectif global de cette étude est d’évaluer la contribution de la création des zones boisées comme activité génératrice de revenus dans la zone rurale de la Région Centrale du Ghana.  L’étude sera centrée sur l’écozone de la savanne côtière, où la forte demande des ménages en bois de chauffe pour la cuisine, le fumage traditionnel du poisson  et la préparation du pain, a entraîné une importante dégradation et un épuisement des espèces de bois naturel. Les chercheurs vont utiliser des questionnaires, des guides d’interviews, des discussions en groupes et des enquêtes sur le marché pour un échantillon de 120 producteurs de bois, sélectionnés au hasard dans quatre districts. Les données socio-économiques sur la production vont permettre d’évaluer le potentiel de la culture des bois, dans l’optique de réduire la pauvreté dans les zones rurales.  Les données collectées vont également permettre de connaître la chaîne de l’emploi liée à la création des zones boisées.  Les résultats de l’étude seront utilisés pour prodiguer des conseils aux agriculteurs sur les techniques culturales efficaces des bois en tant qu’activité génératrice des revenus. 

Analyse de l'état de pauvreté des producteurs-maraîchers de la zone périurbaine de  Bamako au Mali. Manda Sadio KEITA
E-mail : Manda.Keita@ier.ml

Pays continental par excellence, le Mali se trouve au cœur de l’Afrique sahélienne. De vocation principalement agropastorale, le pays est soumis aux aléas climatiques et à la forte fluctuation et une mauvaise répartition de la pluviométrie pendant une saison d’hivernage s’étalant sur au maximum trois mois.  Le secteur agricole fournit près de 50% du PIB et assure de l'emploi à environ 80% de la population active. Malgré cela, les problèmes de sécurité alimentaire et de lutte contre la pauvreté demeurent au centre des priorités du pays.

La production agricole du pays est essentiellement constituée des céréales telles que le mil, le sorgho, le riz et le maïs ainsi que du coton, principale culture commerciale qui fournit l’essentiel des recettes d’exportation du pays.

Cependant, la diversification des préférences alimentaires et l’évolution démographique des populations orientent de plus en plus vers la consommation des légumes frais. L'éclosion de l'initiative privée suite au désengagement de l'Etat et la dévaluation du franc CFA de 1994 ont permis aux productions maraîchères d’occuper aujourd'hui des superficies assez importantes autour des grands centres urbains et dans les zones rurales. Selon certaines estimations, les revenus issus du maraîchage peuvent constituer 20 à 30% du revenu total des paysans qui le pratiquent (Baris, 1996).

Au Mali, comme dans la plupart des pays du Sahel, les productions maraîchères sont fortement saisonnières. Elles sont concentrées durant la période allant de décembre en mars, surtout pour les variétés provenant d’Europe. Les fluctuations saisonnières de l'offre des produits maraîchers reflètent les contraintes agronomiques et climatiques ainsi que l'inorganisation des circuits de commercialisation, le manque de facilité moderne pour le transport, le stockage et la transformation. En hivernage par contre, les prix sont élevés et une partie de la demande (oignon, tomate) est satisfaite par des importations soit des pays voisins, soit d'Europe Occidentale. 

Le maraîchage périurbain est une partie intégrante de la large gamme des systèmes de production existants. Il est principalement représenté par "la ceinture verte de Bamako" que délimite la bande de terre d'environ 10 km autour de la ville de Bamako. Dans cette circonférence, on retrouve les périmètres maraîchers le long du fleuve Niger et de ses affluents (torrents, rivières, marigots) et dans les bas-fonds marécageux épargnés par le tissu urbain. Dans cette zone, la majeure partie des exploitants ne disposent que de petites parcelles (en moyenne 300m2) sur lesquelles ils pratiquent une exploitation intensive (exploitation continue toute l’année). Ces exploitants sont généralement issus de l’exode rural et viennent trouver dans cette zone leurs moyens de subsistance grâce au maraîchage et aux petits métiers de l’informel des centres urbains.

La pratique du maraîchage autour de la ville de Bamako constitue t-elle un moyen efficace de lutte contre la pauvreté ? Telle est la question principale qui motive l’étude que nous entreprenons dans cette zone. 

Profil et déterminants de la pauvreté alimentaire au  Burkina Faso: cas de la ville de Ouagadougou. Souleymane SIKIROU
E-mail : sadaoc@cenatrin.bf


 
Face aux effets sociaux du PAS et à la nécessité d’endiguer la pauvreté par des politiques appropriées, des études ont été entreprises pour approfondir la connaissance du phénomène. Elles mettent en exergue un sérieux problème d’accessibilité à l’alimentation, notamment chez les plus pauvres. Cela requiert une analyse approfondie de la pauvreté alimentaire dans une perspective de lutte efficace contre la pauvreté. En effet, les politiques de réforme libérale sont susceptibles d'accentuer l’insécurité alimentaire des populations les plus vulnérables notamment dans les grandes villes.

L'objectif principal de cette étude est d'analyser le profil et les déterminants socioéconomiques de l’insécurité alimentaire des ménages à Ouagadougou, la métropole de l’armature urbaine burkinabé qui représente 44,3% de la population urbaine du pays. 

Des données secondaires seront obtenues par la compilation de la documentation existant sur le thème et des bases de données des deux Enquêtes Prioritaires sur les conditions de vie des ménages (EP n°1 et EP n°2) réalisées par l'INSD en 1994 et en 1998. Quant aux données primaires elles seront recueillies grâce à une enquête en coupe transversale auprès de 138 ménages tirés par quotas puis ciblés par choix raisonné dans chacune des cinq (5) communes de la ville. L’enquête se fera en trois passages (saison de semis, saison pluvieuse et période de soudure) et portera sur tous les aspects des conditions de vie  des ménages : le revenu, les dépenses alimentaires et non alimentaires, les dépenses d’éducation et de santé, les facteurs démographiques tels l’âge, le sexe, l’état matrimonial etc., l’emploi et le chômage, l’urbanisation et la migration, les types de logement, les niveaux d’instruction et l’état de santé etc. 

Les deux (2) approches de l’analyse de la pauvreté (le profil et la décomposition de la pauvreté et l’analyse économétrique) seront appliquées, cela après avoir déterminé un seuil de pauvreté alimentaire spécifique à la ville de Ouagadougou. Le profil de pauvreté alimentaire des ménages sera caractérisé à l’aide du logiciel DAD (Distributive Analysis / Analyse Distributive), selon trois (3) catégorisations : le sexe, la catégorie socio-économique du chef de ménage et la taille du ménage. Cette analyse se basera sur deux indices (“l’indice de pauvreté alimentaire”, et “la contribution à la pauvreté alimentaire”) et deux courbes (les courbes des indices FGT et les courbes CPG, Cumulative Poverty  Gap) . L’analyse économétrique se fondera sur la  maximisation de la fonction d’utilité des ménages (SINGH et al, 1986) qui aboutit à une fonction de demande calorique (KYEREME S. S. et  E. THORBECKE (1991). Le différentiel calorique DCi des ménages sera analysé en régression multiple admettant plusieurs variables explicatives : les dépenses alimentaires et des variables socio-économiques (âge, instruction, profession du chef de ménage ; composition par âge et par sexe, morbidité du ménage, etc).
Cette étude, qui analysera et appréciera la robustesse du profil et les déterminants de la pauvreté alimentaire, sera d’un grand apport aux décideurs et aux chercheurs. L’interprétation des indicateurs du profil de pauvreté et des résultats de l’estimation du modèle nous permettra de cibler rigoureusement les catégories de populations les plus vulnérables, de dégager les facteurs explicatifs les plus importants de la situation alimentaire des ménages et de proposer des mesures de politique économique à l’intention des décideurs politiques.

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Secrétaire Exécutif: Dr. Bernard Kouassi

Organes Statutaires de la Fondation SADAOC

Conseil d'Administration
Comité Consultatif
Secrétariat Exécutif
Réseaux Nationaux

Président du Conseil d'Administration : Prof. K. Asenso-Okeyere
P.O Box 74 Legon, Accra, Ghana
Tel.: (233) 21-500-937
Fax: (233) 21-500-937
E-mail: sadaocgh@ghana.com

Pour de plus amples informations sur les objectifs, les activités et l'organisation de la Fondation SADAOC, veuillez contacter le Secrétaire Exécutif à l'adresse ci-dessus.

Rédacteur en chef :
Barthélemy G. Honfoga, Chargé de programme de la Fondation SADAOC

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